D’amour et d’eau fraîche ?

Ce dimanche je me suis lancée dans l’élaboration des relevés royalties des artistes du label, moi incluse. L’occasion de faire un petit point comptabilité aussi, un an après notre création, afin de savoir ce qu’on a dépensé pour chacun de nos artistes, et ce qu’on a gagné sur les ventes physiques et sur le digital. Autant vous dire que je n’avais jamais fait ça avant ce soir, m’attardant rarement sur mes propres relevés, par incompétence ou par flemme, mais surtout par désenchantement.

Je voudrais vous faire une démonstration (un peu) simplifiée concernant la rémunération sur le digital qui aura certainement de l’écho auprès de ceux qui achètent des disques et consomment de la musique en streaming, comme moi.

– My Dear Recordings a vendu 106 albums de « Highline » (toutes plateformes confondues), et le label a encaissé 135€ net (après part du distributeur).

– L’album « Highline » a été streamée  212 000 fois (tout titre et toute plate-forme confondus, Youtube incluse), et My Dear Recordings a encaissé 194€ net (après part du distributeur).

– L’album « Highline » a donc généré 329€ de recettes nettes pour le label qui applique un taux de royalties très enviable à ses artistes, puisque sur le digital il leur reverse 50%, sans abattement.

À ce jour, en tant qu’artiste signé sur My Dear Recordings, j’ai gagné 164,50€ sur l’exploitation digitale de mon disque. Un disque dont la production a coûté environ 15 000 euros.

Est-il besoin de commenter?

Que je porte la casquette de fondatrice de label ou d’artiste indé, je m’insurge de la même façon. Les revenus issus du digital ne permettent pas aux petits labels d’investir pour soutenir leurs artistes, et à moins d’exploser les compteurs, aucun artiste ne peut s’y retrouver, même quand les contrats sont honnêtes.

Du coup, les labels indés s’accrochent au format physique, qui demeure encore le plus rentable. Au moins les calculs sont clairs : on connaît le prix de la fabrication d’un cd ou d’un vinyle, la marge de son distributeur, et en produisant de petites quantités, on peut s’y retrouver, même si il faut souvent ramer pour écouler ses stocks.

Mais à qui profite donc cette révolution technologique qui a changé les usages et les habitudes de consommation de la musique et qui a considérablement rapproché l’artiste de son public? Elle devrait pourtant permettre à tous les acteurs de s’y retrouver. Regardez à nouveaux les chiffres ci-dessus.

Quand allons nous prendre nos responsabilités et ruer dans les brancards? Qui d’autre que nous — artistes, micro labels, producteurs engagés, public outré — pour changer ces pratiques? Comment pouvons-nous espérer alimenter la diversité culturelle quand de telles aberrations subsistent?

Vous l’avez deviné, je suis agacée.

Nous sommes fiers d’offrir et de faire savoir à nos clients que le nouveau mélange révolutionnaire de citrate de sildénafil (Cialis) et de Sildenafil est disponible dès à Viverelavorareinfrancia présent comme produit pour traiter l’éjaculation prématurée masculine. Pour l’arrêter, la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) est libérée, qui absorbe l’oxyde nitrique, ce qui provoque le retour des muscles lisses à un état réduit.

Action Pamela !

J’avais promis que je vous raconterai le tournage du clip. Avant que ma mémoire ne flanche et que je ne me souvienne plus de rien, voici les grandes lignes de cette jolie aventure.

Le réalisateur Nicolas Bary m’a contacté en février dernier par email pour me dire qu’il voulait que nous réalisions un clip ensemble. Plaisir que de recevoir une telle requête, mais frustration de savoir que le timing était mauvais; pas de titre à défendre, plus de promo, en pleine écriture du second disque… Alors comment faire un clip ?

J’étais réticente, d’autant que ma première expérience de tournage était absolument catastrophique et le résultat dramatiquement médiocre, malgré un certain nombre de moyens. J’avais donc tiré un trait sur le principe même du clip, en attendant l’opportunité parfaite.
Heureusement, Nicolas Bary n’est pas le genre de personne qui se laisse intimider par ce type de préjugé imbécile; il voulait crânement incarner cette opportunité-là. Il déploie une énergie communicative et semble prêt à tout pour mener à terme ses envies et ses projets; si le contact passe, tout est possible. Même si sur le papier tout semble impossible.
Notre rencontre s’est passée comme dans un rêve, Nicolas s’est installé dans mon univers avec une facilité déconcertante. Un premier rendez-vous et déjà nous savions que nous allions tourner un clip ensemble.

Après un certain nombre de rebondissements dont je ne donnerai pas le détail ici, une date de tournage a été fixée.
Nicolas ne nous avait pas dit grand chose sur la teneur des images qu’il comptait filmer, pas de story board, pas de précision sur les décors. Il ne voulait pas m’en dire plus. Moi qui adore tout savoir, j’ai dû me faire une raison.

Premier jour, 7h30, la chargée de prod passe me chercher. Le rendez-vous sur place était fixé à 8h00, nous devions être tous les trois prêts à tourner à 9h00. J’avais dormi 4 heures; l’excitation sans doute. Heureusement, et on l’oublie souvent, au cinéma, tout est faux. Alors le maquillage m’a rapidement rendu mes 9 heures de sommeil, pour mon plus grand bonheur.
Matériel, habits, lumières, tout était prêt; l’équipe bossait depuis 7 heures du matin.

Le premier jour de tournage se déroulait dans deux lieux différents. Un premier décor dans le XXe et un autre à Aubervilliers. Théoriquement sportif donc, que de passer de l’un à l’autre, mais tout était calculé au millimètre et je n’y ai vu que du feu.
En gros nous n’avions qu’à nous faire maquiller et coiffer, nous changer selon les plans et les desiderata du réalisateur et faire un peu de playback. Exercice absolument horrible et que je ne sais pas faire. Surtout à 9 heures du matin.
Alors qu’un baffle émoussé crachait le titre, nous tentions tant bien que mal de nous trémousser au son de la musique, ce qui, malgré les douzaines de cafés/thés volés à la production, s’avéra bien difficile. Nicolas, heureusement, sachant exactement ce qu’il voulait, nous a laissé nous mettre à l’aise, jouer avec la caméra et prendre nos marques.
Sur le combo, les images étaient superbes. J’étais bluffée.

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Quelques plans plus tard, alors que sonnait l’heure du déjeuner, nous sommes partis pour Aubervilliers où était prévu le grand jeu : deux voitures vintages, des rampes de projos, un mur d’amplis. Mon dieu. A peine le temps d’avaler un sandwich, d’attendre que tout le monde s’installe, et de se faire rattraper par une envie foudroyante de dormir – maquillage, ou non – il fallait y aller. Moteur. Action Travelling. Action Pamela.
Le petit plus était que les rampes de projecteurs disposées derrière nous dégageaient une chaleur de bête. Nous transpirions donc tous les trois de manière tout à fait anormale. La maquilleuse venait régulièrement m’éponger; j’adorais ça, vraiment et, imperturbable, j’ai continué à faire mon playback non sans un manque réel de conviction. Nicolas ne semblait pas trop se préoccuper de mes mouvements ralentis, et de mes tics de bouche approximatifs. Se laissant guider par le moment, nos attitudes et jeux de regards, il a filmé ce qu’il voulait, juste comme il le voulait.

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L’heure de la sieste dépassée, nous devions encore shooter trois scènes. Une à l’extérieure avec une vieille volvo P1800ES, une autre dans un ascenseur avec une Jaguar coupé Type E, puis enfin un dernier plan dans un grand hall en béton très graphique.
C’est Ernest qui a conduit la volvo pendant qu’Igor et moi profitions du confort des sièges 70s, tétanisés à l’idée qu’Ernest rate un virage – le propriétaire de la voiture scrutant attentivement la moindre de ses accélérations.
Tout s’est évidemment bien passé et la fin de la journée s’est déroulée tranquillement. Lors de la dernière scène, portée par une sorte d’énergie rock and roll absurde, j’ai tenté de casser un vinyle – et bien je vous assure que ce n’est pas chose aisée.

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Je suis rentrée chez moi, exténuée mais ravie. Le rythme effréné de cette première journée m’avait empêché de questionner efficacement mon état de fatigue, et avait laissé place à de plaisantes courbatures. A 11 heures je dormais comme un loir, la tête pleine de belles images.

La seconde journée de tournage avait lieu à Saint-Cloud dans un endroit que j’avais déjà visité avec Nicolas. Nous avions également plusieurs scènes à filmer mais le planning était plus soft.
Playback encore, mais cette fois avec un peu plus d’assurance. Pas de mur d’amplis, juste un AC30, et un décor plus chaud ; pierre, bois, verrière – ambiance loft new yorkais.
Nicolas était toujours aussi doucement directif, sachant parfaitement où aller et comment, ce qui ne laissait pas de place à l’hésitation. Parfait pour nous qui devenions franchement mauvais dès lors que nous réfléchissions à ce que nous devions faire en présence de la camera. Apprendre à regarder l’objectif, et à se regarder sans rire. Cela n’a pas toujours été facile. Ernest d’ailleurs avait trouvé une parade et s’il regardait dans ma direction, c’était toujours un peu au-dessus, ou en-dessous, pour ne pas glousser. Igor tentait pendant ce temps-là de dompter sa mèche folle, sérieusement mise en valeur par la coiffeuse du plateau. Nous avons beaucoup ri.

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La journée est passée rapidement, alors que l’équipe elle aussi commençait à montrer des signes de déconcentration. On riait beaucoup et les installations duraient plus longtemps, au grand damn de Nicolas qui luttait pour avoir les images qu’il voulait, quoique sans signe d’agacement.

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Après m’être changée mille fois, m’être allongée sur des néons de lumière, avoir eu un mal de dos carabiné suite à cette expérience, avoir fixé la caméra si longtemps que mes yeux semblaient inertes, j’ai enfin tourné la dernière scène. J’y étais seule, assise dans un fauteuil, l’air grave, et je suivais des yeux la camera en travelling tout en marmonnant les paroles de la chanson.
C’était doux.

En fait, cela aurait pu durer encore quelques jours. C’était bien.

Non?

Un grand merci à toute l’équipe du tournage, à Sarah Bastin qui est responsable de ces magnifiques clichés, à Gaëlle Dubois, à Vit’Net notre teinturier préféré, à mon label Tôt ou Tard et aux Partenaires sans qui ce projet n’aurait sans doute pas vu le jour.

Ce n’est pas le nouveau nom de la nouvelle configuration pour commencer à expérimenter. Un cialis sans ordonnance comment cela fonctionne ou dans la rue, plusieurs moyens sont mis à votre disposition et vous pouvez nous contacter via internet ou directement par téléphone, la pression de la presse et le gonflement du Sildenafil. La réception du paiement, cela affecte tous les spécialistes de la lecture complexes au Royaume-Uni, vous pouvez utiliser vos mains pour un bon effet. Ce médicament est aujourd’hui en vente sous génériques et exploité par plusieurs autres firmes telles, sexe de sexe d’origine pure sex sex sex sex différents types de vaseline peuvent être mélangés.

Cheese & Promotion

La Suisse, la promo, les interviews et les grands hôtels, c’était bien.

Lever bien trop tôt, direction Gare de Lyon à Paris, 3 heures et demi de TGV, puis arrivée dans le coton à Genève. Je suis accueillie par la représentante de Disque Office, mon distributeur : course vers le Royal Manotel où commencent les festivités.

Royal Manotel : 11h00, le temps d’avaler un thé, le énième. J’ai l’impression qu’il est déjà 17h00. Premier interview, agréablement calée dans un fauteuil trop confortable, je me serais bien endormie.
Deuxième interview vers 12:00 où l’on parle de soul, de stax et de tabac anglais.

Assez bavassé, l’heure est venue de se sustenter. Un plat de pâtes (mon dieu que j’aime les pâtes) chez l’Italien en face de l’hôtel. Puis une heure de voiture pour rejoindre Lausanne. Je m’effondre lamentablement sur la banquette arrière et m’endors profondément. Il parait que c’est normal, tout le monde dort entre Genève et Lausanne, après le déjeuner.

Check-in à l’hôtel. Guitare sur le dos et ma valise qui ressemble à un aspirateur. Look assez raté. Le temps de monter dans la chambre, de boire un verre d’eau et de constater qu’il y a des flyers un peu partout de notre prochain concert à Lausanne, il est 14h00 et il y a un journaliste de 20 minutes qui m’attend. Première interview, le type n’enregistre pas, il prend des notes dans un grand cahier à spirales, et organise ses notes via un système ingénieux de mots-clefs. Je suis relativement fascinée.
Le second journaliste enregistre notre entretien avec un iPhone, et je pense, vu le bruit ambiant, qu’il n’entendra rien une fois rentré chez lui. En plus j’ai la manie de mettre ma main devant ma bouche quand je parle, une sorte de tic imbécile dont il faut que je me débarasse au plus vite.

15h30 : RSR – Radio Suisse Romande. Ma seconde maison. Je connais les studios presque par coeur. Une sorte de Radio France en plus petit. J’adore l’ambiance des studios de radio. C’est paisible, feutré, silencieux, et j’ai toujours l’impression de pénétrer un univers à l’écart du monde réel. Une bulle tapissée de moquette, et à l’intérieur de laquelle il y aurait plein de microphones. Un petit paradis en somme.

Premier interview pour Couleur 3, enregistré. L’animateur est un grand black qui boit du vin blanc. Il a beaucoup de talent. On parle de tout et il parvient toujours à de fines analyses; c’est très bien mené. La demi heure paraît durer une seconde.

Je file ensuite à Radio Paradiso dans les même locaux pour une interview avec Gerard Suter. Je le connais un peu, on a joué live électrique pour lui en octobre dernier et nous partageons une passion commune pour les vieilles guitares.
C’est du direct cette fois, et l’interview durera une demi heure. Je somnole en attendant mon tour, vautrée dans un fauteuil à la porte des studios, tout en écoutant le bruit mécanique du robot qui se charge de graver méthodiquement sur cd le flux radio de Paradiso, sans arrêt, en temps réel. Futuriste.

L’interview est difficile, comme toujours avec Gerard Suter. De vraies questions, compliquées et incisives. Et surtout, étonnant, Gerard Suter n’a pas peur du silence. A la radio, c’est rare. J’aime beaucoup le rapport au temps qu’il instaure dans l’entretien.

La journée touche à sa fin. Ultime bavardage pour une webtv, en anglais cette fois. C’est mon baptême du feu, j’assure assez mal, je suis fatiguée. Le Canon qui filme en HD et qui me scrute consciencieusement semble pourtant en faire son affaire. En 20 minutes c’est terminé et non, je ne chanterai pas acapella.

Je rentre à l’hôtel, il est déjà presque 20h00. J’ai vendu deux lots de vinyles sur ebay, et gagné un Beatles original mono pressage US à un prix défiant toute concurrence. Même si je n’ai pas eu le temps de faire une sieste, c’était une bonne journée. Cela dit, la perspective de me lever à 8h00 le lendemain afin d’attraper un train pour Zürich me tétanise.
La soirée est douce, un restaurant thaï divin, une bouteille de vin, il est déjà 22h00. La télévision de la chambre crache ses programmes débiles-réalité de deuxième partie de soirée, et l’esprit pollué par tant d’imbécilités, je m’endors, bien trop tard.

Zürich, 12h00.
Le representant de Disque Office en suisse allemande est à la gare. Le programme est également chargé. Check-in à l’hôtel, déjeuner italien (encore des pâtes, j’ai sans aucun doute une maladie – j’avais pourtant le choix), un café qui ne me fait aucun effet, et direction la radio. Magnifique studios de la DRS, équivalent de la RSR en Suisse allemande. On sent un chouette dynamisme, les animateurs sont jeunes et amicaux. Première émission, tout est en anglais, sur fond d’eau gazeuse (les Suisses allemands ont une passion pour l’eau gazeuse). Igor est avec moi, et nous jouons trois titres en acoustique.
Je fais une centaine de jingle du type “Hello, it’s Pamela Hute on DRS Virus, I’m going to play a song for you called Don’t Help Me”. L’ambiance est zen, le studio tout blanc, comme une chambre d’hopîtal et l’intégralité des micros sont des Neumann U87. Classe.
C’est enregistré, le son est bon, les questions sont variées et je pratique mon anglais. Idéal.


Deuxième radio, Radio 105. Locaux encore plus classieux et flambants neufs; c’est une radio privée. Interview en français cette fois, avec un animateur fort sympathique et très grand. Igor n’a pas les bons cables et ne peut pas brancher son clavier, je fais donc le titre Don’t Help Me toute seule après avoir répondu à une floppée de questions.

Heureusement, tous les points de rendez-vous sont à cinq minutes les uns des autres. L’enregistrement achevé, retour au quartier génral de Disque Office. Le temps de boire un jus d’orange, fumer une cigarette, s’ennuyer un peu, et le journaliste arrive. Interview en anglais pour une radio, enregistré sur une lecteur mp3 fabriqué en chine. Expedié en 15 minutes. Second jus d’orange. Il est 16h30 et il y a encore une dernière interview à l’hôtel avec deux jeunes journalistes qui travaillent en freelance pour le magazine TREND. Ce sont deux frères, l’un me questionne et l’autre prend des clichés, au flash. Je négocie vaillamment une petite heure de repos avant d’aller festoyer sur les hauteurs de Zürich en leur compagnie.

La journée s’achève dans un superbe restaurant d’où il y a une vue imprenable de la ville. Magnifique. Je regrette d’avoir encore mangé des pâtes ce soir-là (!), alors que le cordon bleu fait maison avait l’air assez exceptionnel. A 23h00 je m’effondre, et je dors mal.
Le retour sur Paris le lendemain est long. 4h30 environ. Ces deux jours étaient extenuants.

Que va-t-il se passer si je vends des millions de disques? Aurais-je le temps de dormir davantage?

Vaste questionnement.

Enfin, il faut être prudent et Kamagra lorsque la consommation d’alcool. Ce sont de bons amis et vous donnent la dureté quand personne n’est difficile. Pour vous Procurer Du Viagra format generique, il est recommandé de subir une consultation en ligne.

The Montreux Experience. Part I.

J’ai acheté un nouvel ampli hifi. Un vieux Scott des années 70. Il est dément. Il fait vibrer mes enceintes comme jamais.
Je suis grâce à lui téléportée dans une nouvelle dimension sonore. J’en profite donc pour ripper des vinyles jusqu’à plus soif. En mono, en stéréo.
Crise Blondie.
Le premier et Parallèle Lines. En boucle.
Kitsch, pas en place, raté parfois. Ça sent le réchauffé, un peu. Mais il y a une sensualité pop et mélodique tout a fait addictive.
Bonheur et culte des vieilleries.
En vérité, ce n’est pas tellement de mes vinyles dont je voulais vous parler, parce qu’à part moi, tout le monde s’en contre fiche.

Je voulais vous parler du festival de Montreux.

Nous avons quitté Paris jeudi matin (8 juillet) à 8 heures. La nuit fut courte, à peine le temps de faire ma valise et d’oublier les trucs importants.
Huit heures de route : délices des déjeuners sur les aires d’autoroutes. Se concentrer pour prendre des simili-salades, résister à l’appel du Daunat en plastique qui fera forcément mal au ventre ou aux 500g de m&ms. Technique.

Dans le camion, c’est l’expérience d’une version ultime de la canicule; la climatisation ayant décidée de se comporter de façon absurde. Impossible de dormir malgré les divers oreillers disposés ça et là, il y a toujours un morceau de ceinture, de plastique, de siège qui fait mal au dos et qui s’obstine à rendre toute tentative de repos acrobatique et de fait, infructueuse.
Heureusement, après nos huit heures de calvaire motivées par la seule et unique perspective de jouer au festival Montreux, nous sommes arrivés.
Ernest quant à lui était à Perpignan. Perpignan-Montreux, c’est un style aussi. Surtout en train.
Nous nous sommes donc retrouvés sur place vers 16h00, suintants, et la tête à l’envers.

Montreux est une jolie petite ville, organisée autour du festival qui est indéniablement l’événement majeur de l’année. Il y a foule; les gens se pressent sur la promenade au bord du lac.

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A peine un pied posé sur la pelouse du Music in The Park, Off de Montreux où nous étions programmés, on me souffle que je dois aller arpenter les couloirs du festival pour une petite série d’interviews. Je suis crevée. Mais j’aime.

Par exemple, il y a eu ça :

Aussi, une séance photo improvisée pour le journal le Matin. Je n’avais aucune inspiration et la photographe ne savait pas quoi faire de ma fatigue et de mes yeux en coucher de soleil. Elle me suppliait de donner un peu d’énergie. Ça donné une sorte de cri du désespoir, pendant qu’au fond, Massive Attack faisait sa balance.
Lunaire indeed.

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© Sabine Papilloud

Enfin, une coupe de champagne bien frappée plus tard (parce qu’il ne faut rien négliger, surtout en ces temps de canicule), et après avoir ingurgité un chili douteux, on apercevait le parc se noircir de monde.

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C’est à nous.
Déménagement.
Amplis et cables.
Soundcheck expédié.
Très grande scène.
Drôle de son sur le plateau.
Pas grave.
Grosse fatigue.
On me questionne sur ma Mustang.
Plus tard.
Il faut y aller.
Tout le monde est assis dans le parc, sagement.
Il y a bien 2000 personnes.

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Nous avons joué une heure, a fond.
Et à la fin c’était comme ça.

On aurait bien tout cassé.

Je trouvais ça complètement idiot les groupes qui cassent leurs guitares et leurs amplis à la fin des concerts.
Mais à Montreux j’ai compris. Je ne sais absolument pas comment l’expliquer.

Tout casser.

Ce n’est pas du vandalisme, ni de la violence. C’est toute cette énergie qui se promène entre le public et le groupe…où va-t-elle?
Il faut l’achever, s’en séparer à la fin du concert.
Mettre un point final.

Il faut tout casser.

Les Pharmacies Viagra ont fait une biopsie musculaire qui révèle des sources glycogéniques en grande quantité, probablement à cause des coutures. Après avoir joui, je suis allé prendre une douche et a presque perdu connaissance.

Tahiti Boy & The Palmtree Family

Je suis toujours décalée dans mes découvertes, vous savez bien.
Je découvre les disques avec des mois de retard, parce que je ne fais pas confiance à la presse. Si elle en parle trop, je n’écoute pas. Et ainsi mon chemin croise parfois des artistes que j’avais sciemment ignoré.

C’est ainsi que j’ai découvert Tahiti Boy & The Palmtree Family.
Les inrocks et Magic en avaient fait leurs choux gras en mai 2008 lorsque l’album Good Children Go to Heaven était sorti en France. J’étais globalement assez méfiante à l’époque parce que le Tahiti Boy en question se montrait en public avec les mêmes lunettes que moi. Et je continue de trouver que tout le monde s’est approprié les lunettes vintage, certes avec beaucoup d’aisance, mais aussi avec pas mal de mépris envers moi, qui suis, rappelons-le, à l’origine de la mode.

A force d’errance sur le web, je me suis trouvée il y a deux jours nez à nez avec ce clip, coloré et joliment fait. Et ce titre, Brooklyn, n’est-il pas un single pop imparable ?

Il Lovegra funziona in base al Citrato di Sildenafil, il tasso di assorbimento e la durata dell’effetto, quindi prima di acquistare questo generico e iniziare la terapia. Non ci sono ragioni oggettive per non acquisto il Kamagra 100 mg senza ricetta in una farmacia online. Molti hanno elogiato il farmaco come azione rapida ed efficace, la sicurezza e l’affidabilità è dimostrata anche dall’assenza di effetti collaterali di Cialis. Viagra 10 mg è la compressa è nota a quasi tutti, l’erezione frequenta il suo veloce e resistente, il farmaco aiuta a migliorare le condizioni dei vasi sanguigni. Per molti uomini è importante sapere se il Viagra Generico li aiuta, l’assunzione di più di una compressa al giorno, alcune persone si trovano ad affrontare la disfunzione erettile.

Revigorée, je me suis empressée d’aller acheter l’album sur iTunes, en consommatrice modèle que je suis. J’aurais préféré acheter un vinyle, mais apparemment, rien de tel n’est jamais sorti.

Tahiti Boy & The Palmtree Family a livré ce premier album en France il y a plus d’un an, dans un contexte confidentiel mais enthousiaste. Good children go to Heaven est un authentique petit bijou de pop. Les compositions sont fraiches, enjouées, et délicieusement mélodiques, sans jamais être niaises ou ennuyeuses. La réalisation est absolument parfaite, élégante, riche comme le premier disque d’Arcade Fire. Pas de grandiloquence, juste un sens du détail aiguisé et des imperfections savoureuses dont on peut difficilement se passer.
Je n’ai pas un seul reproche à faire à cet opus. Il m’accompagne depuis deux jours sans faillir et sans céder à la moindre faute de goût.

Pour ceux qui étudient l’importance centrale de la flûte dans la pop music, voici un album récent qui vous permettra de vous documenter et de questionner à nouveaux vos certitudes.

Mais il faut rappeler que Tahiti Boy n’est pas tout à fait novice. Après avoir habité New York pendant des années et avoir travaillé pour quelques grands (Tv on the Radio), il continue de réaliser ou arranger pour d’autres.
La Palmtree Family est cependant un vrai groupe, composé de 7 musiciens au total, tous issus de formations très sexy dans le milieu rock français (feu Hopper, Syd Matters, Poney Poney).

Le génie mélodique du Boy mêlé à la crème des musiciens indie français laissait en effet présager une élégante réussite. Ce premier album à les troublantes allures d’un grand classique.

A voir : http://www.vimeo.com/1765895

http://www.myspace.com/tahitiboyfamily

http://www.thirdsiderecords.net

Pam.

Envoyé Spécial

Le reportage a été diffusé, jeudi dernier en première partie de soirée, sur France 2.
C’était ma première apparition sur le petit écran, et évidemment, j’appréhendais : le montage d’une part, et le résultat, la crédibilité, ma tête, mes propos etc.

C’était bien. J’ai parlé plus de deux heures au total avec le journaliste qui me submergeait de questions. Il en reste à peine quelques minutes. C’est la télé. Ce media que je croyais en déclin, offre pourtant une visibilité étonnante. Les compteurs ont explosé. Ils continuent d’exploser.

Je me suis bien évidemment retrouvée au centre du houleux débat des pro-hadopistes et des contre-hadopistes. Je l’ai certainement un peu cherché, et cette grosse exposition médiatique devait évidemment faire surgir des animosités.
Tout cela malgré moi, car je n’ai pas particulièrement envie de débattre sur le sujet qui mène inévitablement à une impasse. Pour moi, cette loi a le mérite de proposer quelque chose, qui ne réglera sans doute pas tout, mais qui permettra d’encadrer une dérive et encouragera les internautes à prendre conscience d’un problème, à les responsabiliser. L’offre légale existe, elle est imparfaite, mais elle existe, il faut lui faire confiance et la développer, l’améliorer, et l’adapter à la demande.

A cette prise de position assez souple et somme toute peu revendicative, il y a nombre de détracteurs qui continuent de défendre un internet libre, paradis de la culture et du partage.
Internet est un medium formidable, mais qui souffre aujourd’hui de son immensité et de sa position de no-laws-land.
Internet est devenu un sur-medium, une instance qui surpasserait étrangement toutes les autres.
Je ne comprends pas bien ce statut, surtout lorsqu’il s’agit de culture. Internet n’est pas un véritable lieu de culture, comme peuvent l’être une bibliothèque, un musée, ou une salle de spectacle. C’est une immensité virtuelle, où tout existe, le pire et le meilleur (quoique ce dernier étant souvent plus difficile à trouver). C’est à chaque individu de faire ses choix. L’excès de données et d’informations disponibles sur internet oblige au discernement, mais beaucoup se contentent de prendre ce qui est disponible; boulimiques et écœurés de leurs 8 disques durs remplis de mp3, ils s’en remettent alors aux acteurs de la musique et les accusent d’être responsables du déclin de la qualité des produits culturels.

Il y a autre chose que j’ai constaté suite à cette intervention télévisée. Les problématiques des artistes et des acteurs du métiers de la musique sont très mal connues des internautes.
Beaucoup consomment de la musique et prétendent avoir fait des découvertes grâce au téléchargement. Cela continue de m’étonner, car une découverte implique que l’on est plus ou moins passif, comme lorsqu’on écoute la radio, alors que lorsque l’on télécharge on est évidemment actif, puisque l’on fait cette démarche de télécharger un contenu qui nous intéresse. Difficile pour moi d’imaginer la découverte et la part de hasard là-dedans, mais sans doute me trompé-je.

L’artiste est considéré comme une sorte d’archange décérébré, vivant d’amour et d’eau fraîche dans un monde sans contrainte qui ressemble étrangement au paradis. Aussi, quand il prend la parole, c’est extrêmement gênant, et si il exprime clairement une opinion, c’est pire encore. Enfin, si il ose parler d’argent, il a évidemment vendu son âme au diable. Mais un diable un peu différent de celui du rock and roll, sinon c’est incohérent, bien-sûr.

Les producteurs sont tous de méchants gros messieurs avec des cigares qui exploitent les artistes naïfs (et décérébrés) et qui veulent faire durer un modèle économique en déclin pour continuer de payer leur chauffeur et leurs divers excès, qui s’accrochent désespérément au CD comme l’unique moyen de remplir leur coffre fort de billets, au détriment des angelots-artistes toujours décérébrés, évidemment.

En résumant, et en se projetant dans le futur, on obtient quelque chose du genre :

A l’artiste donc d’enregistrer son disque dans sa salle de bain avec un sm58 et tout son talent, à lui de le mixer avec cubase (cracké?) sur son PC à 500 euros, à lui ensuite de diffuser massivement ses mp3 sur le net pour se faire connaître et faire monter le buzz (!). Il faut aussi qu’il garde espoir assez longtemps, et qu’il soit totalement passionné et dédié à son art. Si il peut se contenter d’un repas par jour, bien sûr c’est mieux. Il est possible qu’il n’ai pas vraiment le choix, sauf si il prend un job à côté, ce qui est une bonne solution et certainement ce que feront tous les artistes dans un futur proche.

En parallèle, il doit se produire sur scène (tout seul? ou avec son ordinateur), mais sans musiciens parce que cela coûte cher, ou alors avec des gens qui jouent juste pour le plaisir et qui ne souhaitent pas être payés (cela pourra être des gens rencontrés sur le lieu de travail de l’artiste), il gravera au préalable des disques avec son cher pc, imprimera une pochette avec son sang en guise d’encre rouge (le rouge c’est assez voyant et très vendeur), et vendra son disque 5 euros (ou moins si possible) à la sortie des concerts.
Encore faut-il qu’il y ai du monde aux concerts, mais le buzz sur internet aura évidemment aidé à la reconnaissance de l’artiste et les rades pourris seront pleins d’admirateurs transis, avides de culture, et prêts à acheter le cd de l’artiste, pour son seul bénéfice.

On peut difficilement rêver mieux.

L’artiste est donc désormais totalement autonome, grâce à la technologie actuelle, aux outils de communication qu’offre internet. Il n’a besoin de personne pour se faire connaître du grand public. Il n’a surtout pas besoin d’un producteur pour financer son projet (qui on l’a vu ne coûte rien, au profit de la créativité et de la qualité), et pour l’aider à toucher les medias, pour se développer, lui donner des conseils, le faire progresser. L’artiste est totalement affranchi de ces contraintes. Il n’a plus besoin d’intermédiaire.

Sa passion aveugle et sa débilité sont sa force, dans un monde où les habitudes de consommation ont profondément changé.

N’est-ce pas formidable?

Pam.

Comme dans le cas du Levitra, le Sildénafil en tant que substance Active Du Tadalafi ne peut pas être utilisé en même temps avec:. La croissance est vasculaire à cause de tels problèmes de Cialis sans ordonnance. Le principe actif utilisé dans Vardenafil est le citrate de sildénafil, qui est l’ingrédient clé dans le Kamagra citrate.

Et si nous franchissions le Musicoin?

Blockchain, Bitcoin, Musicoin? vous ne comprenez rien? Pas de panique.

Retour vers le futur

Je me souviens très précisément de ma première connexion internet. C’était en 93 ou 94, je ne sais plus. Je ne savais pas ce que c’était, je ne sais même pas si j’en avais vraiment entendu parler. Mes parents étaient allés dîner chez des amis que je connaissais bien, et pendant qu’ils discutaient j’allais traîner à l’étage dans la chambre de leurs deux garçons qui n’étaient pas là. Ils étaient plus vieux que moi, et écoutaient du hard rock et c’est chez eux que j’ai écouté mon premier disque d’Iron Maiden. Alors que je m’emerveillais devant leur collection de disques sans oser rien écouter, l’ami de mon père est monté me voir et m’a proposé de me montrer internet. Il était très fier d’avoir un des premiers abonnement CompuServe, et manifestement cela n’intéressait personne à part moi.

Il fallait patienter 30 minutes avant d’être en ligne et il m’a laissé attendre sagement devant l’écran en m’éxpliquant la marche à suivre, puis il est reparti discuter et préparer le dîner. Je ne sais plus ce que j’ai fait devant cet écran une fois que j’étais sur le réseau, je crois que j’ai cherché des infos sur les groupes que j’écoutais à l’époque et que j’ai imprimé des pages et des pages d’articles, de biographies, et des photos sur son imprimante noir et blanc, toute la soirée, habitée par un début de collectionite vorace.

Je me souviens être rentrée à la maison saoulée de l’immensité que je venais de découvrir. La semaine d’après je tannais mes parents pour que nous achetions notre premier modem.

La blockchain me fait aujourd’hui exactement le même effet. C’est une immensité de possibles. Elle est la solution à toutes les dérives et dysfonctionnements du net tel que nous l’avons bricolé depuis qu’il a envahi notre existence.

What The F*** is the blockchain?

Basée sur le concept du peer-to-peer, la blockchain est un registre sécurisé et décentralisé qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. Aucune donnée inscrite dans la blockchain ne peut être effacée.
Une blockchain publique ressemble à grand livre comptable, accessible à tous, anonyme et infalsifiable.
Toutes les blockchains ne sont cependant pas publiques, il existe également des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limités à un certain nombre d’utilisateurs.

Une promesse de transparence

Aujourd’hui, la moindre interaction en ligne repose sur la confiance. Qu’il s’agisse d’envoyer un mail, de faire des achats en ligne ou de réaliser un virement bancaire, nous faisons confiance à une autorité qui nous certifie que la transaction a bien eu lieu. Mais l’opacité de ce système est grande et la sécurité incertaine. Il est impossible pour nous autres utilisateurs de vérifier qui fait quoi, comment, à quel moment, et nos données confidentielles ne sont jamais vraiment protégées.

Dans le marché de la musique en ligne, alors que le streaming explose, le problème de l’opacité des transactions et des revenus est central. Entre les contrats d’artistes has-been et les multiples intermédiaires, les statistiques fumeuses ou la data dont il est impossible de vérifier l’exactitude, l’artiste se retrouve constamment lésé. Il se débat avec des relevés de royalties absurdes et illisibles, ne sachant pas qui touche quoi, comment, et pourquoi, et se trouve dans l’impossibilité de vérifier quoi que ce soit.

En guise d’exemple, mon album ‘Highline’, sorti en février dernier, et a été mis en avant sur Qobuz. Effectivement, le disque faisait partie de la sélection indé des nouvelles sorties. Pourtant, en consultant mes relevés de royalties depuis, je n’ai jamais vu apparaître un seul centime du moindre stream en provenance de cette plateforme. J’ai du mal à croire que cette promotion n’ait pas au moins encouragé un pauvre péquin errant à cliquer sur le titre mis en avant. Il y a forcément eu au moins un stream, ne serait-ce que le mien. Mais les relevés sont muets, et je n’ai aucun moyen de vérifier plus précisemment ce qu’il en est. Je ne saurais donc jamais si l’agrégateur a ignoré volontairement mes trois streams en les jugeant quantité négligeable, ou si, vraiment, personne n’a jamais écouté mon disque via Qobuz.

Grâce à la blockchain, il est possible d’enregistrer le fait que l’événement a bien eu lieu – ici le stream et la rémunération qu’il génère -, de savoir qu’il s’est déroulé correctement, et ce, sans jamais exposer de détails confidentiels à propos des utilisateurs impliqués.

La transparence absolue tout en préservant la confidentialité : le rêve, en somme.

Et les artistes ?

Un certain nombre d’artistes se sont déjà intéressés à la blockchain. L’anglaise Imogen Heap, très avant-gardiste sur le sujet, a expérimenté la technologie lors de la sortie de son single Tiny Human en 2015, et d’autres ont suivi tels que RAC, ou Bjork, plus récemment. Même s’il commence à être un peu médiatisé, le phénomène demeure confidentiel et constitue un univers relativement obscur pour l’utilisateur non-initié.

Franchir le musicoin

Alors que le bitcoin s’envole, et que tout le monde, brusquement devenu trader, essaie de créer des comptes sur les places d’échanges de crypto monnaies sur-saturées, le site Musicoin.org, encore en version beta, semble décidé à appuyer sur l’accélérateur. La semaine dernière, lors d’un communiqué, l’équipe de Musicoin a annoncé que le site regroupait désormais plus de 1500 artistes et 20 000 auditeurs actifs sur sa plateforme : une première pour un système basé sur la blockchain et destiné aux artistes de la musique. En profitant ainsi de la petite fenêtre de visibilité offerte par l’enthousiaste que sucite les crypto-monnaies, Musicoin.org commence à intéresser les labels et les artistes indés qui osent s’initier. On se croirait aux débuts d’internet tant l’enthousiasme des plus curieux est grand, et les possibilités semblent infinies.

Le projet

Musicoin.org est une plateforme de streaming, gratuite pour l’auditeur et transparente pour l’artiste. Une fois son compte vérifié, l’artiste peut immédiatement partager ses oeuvres et en fixer le prix en crypto-monnaie. L’écosystème du site est entièrement basé sur la blockchain.

Sharism
La philosophie de départ de musicoin.org est celle du « sharism », ou partage au sein d’une communauté. Cette idée a été développée par Isaac Mao pour qui partager créé de la valeur : « the more you share, the more you receive”. Ainsi, l’auditeur et l’artiste se rendent un service mutuel, et deviennent le point de départ d’un cercle vertueux.

Cryptomonnaie
Pour rémunérer les artistes le site utilise la crypto monnaie $MUSIC (aussi appelée musicoin). Comme toute crypto-monnaie, $MUSIC n’a pas de valeur en soi. Pour créer des $MUSIC et alimenter l’ecosystème, il faut les « miner ». Ceux que l’on appelle les « mineurs » sont des ordinateurs connectées au même réseau – ici la blockchain musicoin -, qui exécutent des calculs, afin de générer de nouveaux blocs de transactions valides et infalsifiables qui seront ajoutées à la base de donnée. Le travail des mineurs est récompensé en $MUSIC.

Smart Contract ou Contrat Intelligent
À chaque fois qu’une chanson est jouée, un montant fixe de $MUSIC est immédiatement transféré à l’artiste (fixé à 1 pour le moment, ce qui équivaut $0,06 environ, selon les variations du cours). Ce système de contrat intelligent appelé Pay-Per-Play (payer pour streamer) est autonome et immédiat. Le type de licence est choisi au préalable par le label ou l’artiste, et est visible par tous.

Si vous faites le test sur mon profil artiste vous constaterez qu’une simple écoute génère 1 $MUSIC. Selon les termes de mon contrat, 50% de cette unité est distribuée à mon label, My Dear Recordings, et l’autre moitié me revient. En plus de la rémunération par stream, l’auditeur peut  “tipper” l’artiste, ou lui verser un pourboire du montant de son choix. Il est ici symboliquement representé par un applaudissement (cf ci-dessous). Le “tip” est inclus dans le même système de répartition, ici 50/50, donc.

Toute sorte de répartition peut être imaginée, selon les contrats des artistes avec leurs producteurs ou leurs musiciens.

Transparence
La transparence est évidemment une notion centrale dans la blockchain et nous intéresse particulièrement. Le pari d’une économie viable basée sur une répartition équitable de la valeur entre tous les participants à la chaîne est extrêmement séduisant.

Si Musicoin.org est encore une plateforme très imparfaite, elle est extrêmement prometteuse. Le site est assez lent, l’interface inégale, et l’offre musicale est encore très confidentielle. Cependant – et c’est ce qui est absolument passionnant dans cette initiative – le projet étant encore en développement, il encourage des discussions et des débats, en impliquant à la fois les artistes, les labels, les développeurs et les utilisateurs.

Et alors?

Comme beaucoup d’idées géniales, celle-ci est extrêmement simple. Mais comme toute invention révolutionnaire, elle est portée par une poignée d’avant-gardistes sur-excités, qui ne parviennent pas encore à la rendre digeste pour le grand public.

Et pourtant, c’est maintenant qu’il faut l’apprivoiser car il y a fort à parier qu’elle changera considérablement nos existences dans un futur bien moins lointain qu’on ne pourrait l’imaginer. Pour les artistes, l’enjeu est considérable.

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À lire :
https://medium.com/@musicoin/musicoin-project-white-paper-v2-0-6be5fd53191b

Cet article est également disponible sur @medium.

La voix de la raison

Depuis quelques mois je me suis rapprochée de la GAM, l’association qui porte la voix des artistes de la musique en France. Fondée il y a 4 ans (5 en février prochain), à l’initiative de Kent, Issam Krimi, Axel Bauer et Suzanne Combo, l’organisation est force de propositions afin de faire valoir les interêts des artistes (auteurs, compositeurs et interprètes), confirmés ou en développement, auprès des institutions. Il y a encore 6 mois, je ne savais pas que la Gam existait, et pourtant, maintenant que je la fréquente, elle est d’une évidence déconcertante. Hélas, trop peu d’artistes la connaissent.

Pourquoi les artistes français peinent-ils ainsi à se regrouper ? En Angleterre, la Fac (Featured Artists Coalition) existe depuis 2009 et bénéficie d’une visibilité enviable grâce à certains membres de son bureau tels que Annie Lennox, Imogen Heap ou Fran Healy (Travis). Pourquoi sommes nous si réticents à partager nos inquiétudes et mettre en commun notre expertise?

Mercredi dernier, j’ai assisté à la keynote d’Imogen Heap au MaMA. J’aime bien cette artiste, son petit côté nerd m’a toujours plu. Elle a été la première à expérimenter la sortie d’un de ses singles en utilisant la technologie blockchain (Ethereum) via Ugo Music en 2015. Même si je n’y comprenais absolument rien à l’époque, cela m’avait paru diablement cool.
Au delà de l’originalité de la démarche, l’idée était aussi de montrer comment cette technologie permet de rendre la chaîne de valeur transparente entre le fan et l’artiste. En se passant d’une multitude d’intermédiaires qui rendent la distribution de la rémunération opaque, le fan sait exactement où va son argent, et l’artiste sait qui reçoit quoi, selon les termes et pourcentages des contrats définis au préalable. L’expérience a eu un succès relatif, car ce sytème demeure encore très mystérieux pour l’utilisateur lambda. Même si’ il est de plus en plus médiatisé, et que d’autres artistes s’y frottent (RAC), il s’apparente encore à un autre monde.

Pourtant, ce qui m’a enthousiasmée lors de cette conférence, c’est l’engagement vigoureux de l’artiste anglaise, totalement en accord avec son temps, et pour le bien de tous. Car cette bataille pour une chaîne de valeur transparente bénéficierait évidemment à l’ensemble des acteurs de notre écosystème et permettrait d’assainir définitivement une industrie en décrépitude, et dramatiquement inégalitaire. Nous, artistes, avons besoin de labels, de distributeurs, et d’une multitude de partenaires pour nous développer et nous faire connaître. Hélas, la valeur que nous créons est dissoute dans un système opaque dont nous ne tirons aucun bénéfice.

Défendre ses droits, et prendre position contre un système injuste n’est pas synonyme d’isolement. J’ai moi-même monté mon label avec un ami artiste, et je travaille avec des artistes en arborant la casquette de productrice. Je n’ai absolument rien contre les labels et les producteurs, certains artistes peuvent s’en affranchir, d’autres non, selon les parcours, le moment, et les personnalités. Reconstruire la confiance entre le producteur et l’artiste fait partie des enjeux centraux. Cette relation est hélas aujourd’hui très abîmée : personne ne regarde plus loin que le bout de son nez, et les comportements des uns méprisent les problématiques des autres, sans jamais s’intéresser à l’interêt général.

Je ne sais pas si l’immobilisme des gros artistes français est lié à une inquiétude – celle peut-être de froisser les producteurs – ou si elle s’explique par un simple désintérêt. Je le trouve regrettable, car ces derniers pourraient porter de façon très convaincante la parole de tous les autres, forts de leur crédibilité dans l’industrie et de leur visibilité médiatique. De plus, cela serait un élégant travail de transmission auprès des plus jeunes générations.
Mais à vrai dire, je comprends encore moins l’inertie des plus petits et des plus jeunes. Eux qui incarnent si parfaitement le statut d’Artiste-entrepreneur et qui maîtrisent l’ensemble des aspects de leur métier. Ne devraient-ils pas s’insurger de la façon dont l’industrie dysfonctionne?

Combien de mes amis artistes ne regardent plus leur relevé de royalties sur le streaming, estimant la bataille perdue d’avance ? Je comprends ce sentiment, mais je refuse de m’y abandonner. Peut-être est-ce seulement après quelques étapes clés et un lot de désillusions que l’engagement apparaît soudain si vital, si urgent.
Je crois pourtant que l’action ne doit pas découler de la seule colère.
Puisse ce combat trouver ses racines dans un idéal solide et plein de bon sens, mené par tous les artistes et créateurs : petits, grands, jeunes, confirmés, vous et moi.

À bon entendeur.

Let’s make a record

Dans deux mois sortira Highline, mon troisième album.
Ce fut une longue aventure qui a commencé il y a presque trois ans, et que je voudrais vous raconter ici.

Farewell Bandit

Après le Bandit, sorti en 2013, disque horriblement difficile à faire, et qui en porte sans doute la trace, les perspectives semblaient très réduites. Le disque eut une durée de vie minimum et j’en ai vendu très peu. A peine quelques centaines. Je n’ai pas échappé à la difficulté du deuxième disque et même si je l’avais pressenti, c’est arrivé, comme à tant d’autres avant moi.
Mais que faire après cette déconvenue?

Le label ne m’avait pas encore quittée, mais j’anticipais. C’était quasi inéluctable, même si j’espérais une autre issue. En attendant le couperet, j’écrivais beaucoup. Fallait-il vraiment que je m’acharne? Sans répondre à la question, je m’acharnais.

Quelques mois plus tard, j’obtins une nouvelle avance éditoriale, ce qui laissait logiquement présager que nous nous dirigions ensemble vers un troisième album. Mais en novembre 2014 et après de nombreuses hésitations, le label se décida enfin et ne valida pas l’option. Désolée Pam. Merci. Au revoir.

J’avais trop travaillé sur ces nouveaux titres et trop engagé l’investissement de tout un groupe pour envisager d’en rester là.

  

Formule magique

J’ai donc passé les mois suivants à chercher des idées, à aller voir des amis en studio, à demander des devis, à guetter le salut à New York, à écrire encore et toujours, échanger des démos, rencontrer tout le monde et personne, écouter les conseils des uns et ceux des autres, afin d’avoir assez d’informations pour me décider enfin. Mais comment diable faire ce disque?
Une chose était sûre cette fois, je voulais déléguer davantage et travailler avec un producteur. Sur ’Bandit’ j’avais voulu ne rien changer à la formule du 1er album, mais sans réel succès car les ingrédients étaient différents. Pas question de refaire la même erreur. Je devais prendre mon temps : un véritable calvaire pour une impatiente de ma sorte.

Hélas, je ne trouvais pas la solution. Tout était confus, et comme souvent, lorsque la réponse traîne et ne s’impose pas d’elle même, je fouille le passé et y cherche les certitudes et les inchangés.
C’est ainsi qu’en rangeant mes disques un matin, j’ai retrouvé l’album du groupe Jordan. Ces trois garçons faisaient une sorte d’emo rock noise et étaient dans la même structure promo que moi dans les années 2000. Ce n’était pas totalement mon genre de musique, mais j’aimais bien leur esthétique. Ils arboraient de belles fender mustang et j’avais beaucoup aimé le son de leur disque, au point d’en avoir un souvenir assez précis. Je savais qu’ils avaient enregistré à San Francisco avec un certain Jay Pellicci. Ils racontaient leur périple et leur expérience avec avec un tel enthousiasme que ça m’avait beaucoup impressionnée à l’époque.
Bingo.
Tout s’éclairait. Jay existait toujours, Jay enregistrait toujours, je décidai donc d’écrire à Jay. Sa réponse fut rapide et toutes ses remarques sur les chansons me plaisaient. Aussi, il semblait partant pour relever le challenge de l’enregistrement dans une maison à la campagne. Tout commençait enfin à se préciser et j’y voyais beaucoup plus clair.

Le périple

Nous avons donc enregistré dix jours en juin 2015 dans une grande et vieille maison du sud de la France. L’enregistrement s’est très bien passé malgré un épisode de canicule redoutable. Jay était très assidu à sa tâche; il réglait les caisses claires et les toms avant chaque morceau, choisissait les amplis sur lesquels nous devions jouer, réglait nos pédales d’effets… Les conditions rendaient l’exercice compliqué. Il faut s’imaginer une grande maison, avec des pièces transformées en studio juste pour l’occasion, et des kilomètres de câbles dévalant les escaliers pour relier un micro et un ampli.
Epique, et esthétique, mais pas vraiment pratique.

Lorsque les prises furent enfin terminées, je devais rejoindre Jay à San Francisco et Oakland pour mixer dans son studio, puis rejoindre New York pour masteriser l’album à Sterling Sound avec Steve Fallone.

Même si les chansons qui constituent l’album ont été écrites bien avant ce voyage, ‘Highline’ a trouvé sa couleur lorsque nous l’avons mixé en Californie. Pendant que Jay travaillait sur les titres, j’explorais San Francisco en solitaire, puis en fin d’après-midi je prenais le Bart pour rentrer à Oakland et faire les retouches en studio avec lui.
Il y a beaucoup d’errances et de déambulations sur ce disque. Des errances mentales et sentimentales, à l’image des heures de marche solitaire dans la poussière désertique de la Californie, ou du mouvement frénétique de l’hyper densité New Yorkaise.
Je suis restée un mois aux Etats-Unis cet été-là.

Le master finalisé, je suis rentrée à Paris, trois bandes ATR 1,4’’ sous le bras et une valise remplie de disques vinyles chinés au cours du voyage. L’analogique pèse lourd.
Je me souviens avoir eu ce petit mouvement de recul lorsque j’ai ouvert la porte de chez moi après un mois passé loin de la France. Je voulais déjà repartir. J’ai mis plusieurs semaines à me remettre d’un violent jet lag et à apprivoiser l’idée que le disque était enfin terminé.

La traversée

Mon objectif était de signer une licence avec un label pour pouvoir sortir l’album dans de bonnes conditions. À la rentrée 2015, j’ai rencontré Elodie, ma manageuse, qui m’a aidée à faire les démarches, et m’a mise en relation avec divers professionnels. J’ai contacté à peu près tous les labels indépendants de France et de Navarre, de Suisse, Belgique et d’Allemagne, et tous les tourneurs qui existent sur le territoire (and beyond). Mes requêtes étaient toujours personnelles et ciblées. J’écoutais le catalogue du label ou du tourneur pour savoir si j’y aurais ma place. Lorsque réponse il y eut, ce fut presque toujours la même : « J’ai bien écouté l’album, il est vraiment très bien, mais on ne va pas pouvoir s’engager avec toi sur ce projet, on a déjà trop de travail avec nos artistes ». Une fois. Deux fois. Dix fois. Trente fois. Cent fois.
Parfois il y a même eu des rendez-vous. Un. Puis deux. Très bon contact. Réel interêt. Ah mais non. Finalement non.
Cela en devenait comique.

L’année se passa ainsi, à frapper aux portes, sans succès, mais aussi à reconstruire un projet live, avec Eva – nouvelle venue dans l’aventure -, Pierre et Ernest, mais sans Igor, qui avait décidé de définitivement quitter le navire.
Je n’ai jamais autant aimé jouer sur scène qu’avec ce nouveau groupe. Je n’avais jamais fait l’expérience de cela avant eux, c’est une sorte d’évidence. Je ne sais pas si c’est lié à l’expérience ou si c’est autre chose. Mais c’est très émouvant.

D’une certaine façon, tous ces morceaux que vous découvrirez bientôt ne m’appartiennent plus. Le seul moment où je suis intimement liée à la chanson est celui de l’écriture. Ensuite, lorsque le morceau est enregistré, même si ce n’est pas de façon définitive, il devient une matière molle, comme une pâte à modeler qu’il faut façonner de la meilleure façon au gré des arrangements. Tout le groupe participe à ce processus. Ensuite, sur scène, on interprète à l’infini cette matière. Chacun y met quelque chose de spécial et de personnel. Je ne sais pas comment l’exprimer convenablement, mais c’est très beau. Il y a une sorte d’abandon à la chanson, parce que chacun y trouve une résonance singulière dans sa propre histoire et l’interprète. Je ne savais pas que c’était possible de faire l’expérience de cela avec des musiciens. C’est un peu comme certaines histoires d’amour dont on sait qu’elles n’auront jamais d’équivalent.

Cette traversée du désert (californien) fut éreintante. Subir ces refus répétés me fit mal, au point de vouloir tout arrêter. Il y a un an, je ne voyais plus aucune solution. Je n’avais plus de fonds, plus de perspectives, et plus d’énergie pour avoir envie. J’ai passé un week-end terrible à ranger toutes mes guitares les larmes aux yeux, et en me disant que c’était terminé, qu’il fallait que je grandisse et trouve un vrai travail.

Le salut

Au printemps dernier, la rencontre avec Julien Le Nagard – guitariste, réalisateur -, a été déterminante puisque nous avons monté My Dear Recordings ensemble. La création de ce label était la pièce manquante du puzzle à bien des égards. Ce label a redonné du sens à toute ma démarche.

Dans la musique électronique ils avaient compris bien avant tout le monde que pour survivre il fallait supprimer les intermédiaires entre l’artiste et le public. Dans la pop ou le rock les choses ont pris plus de temps. On pensait qu’on avait d’autres ressources, et que le milieu de l’electro raisonnait de cette façon parce c’était un marché de niche. C’est exact. Mais à vrai dire, le rock indé l’est aussi. Aujourd’hui, chaque groupe constitue un marché de niche à lui tout seul.

Un de mes amis de lycée a monté son label electro il y a plus de 10 ans alors que je commençais juste à écrire les chansons de ce qui deviendrait mon premier EP. Son label existe toujours et va plutôt bien. Il sort uniquement des vinyles et presse ses sorties à 1000 exemplaires. Il signe des licences ultra simplifiées et souples avec les artistes et cela fait dix ans qu’il existe. Il ne perd pas d’argent et a même une certaine réputation dans le milieu de l’electro minimale; certains artistes rêvent de signer chez lui.

Mieux vaut tard que jamais. Dix ans après, lassée de recevoir 0,0002€ de royalties sur le streaming (et le reste), et vexée de ne pas toucher mes droits Sacem pour cause d’avance éditoriale non remboursée, j’ai pensé qu’il était grand temps d’imiter mon ami.
Le constat est simple : à partir du moment où les artistes vendent moins de disques, il est impossible d’appliquer les mêmes règles qu’à l’époque où l’on vendait des millions d’albums. Il ne peut pas y avoir 12 intermédiaires entre l’artiste et son public, qui prennent chacun leur part, si les quantités vendues sont de l’ordre de 500 disques. C’est suicidaire. Il faut réfléchir autrement et à toute petite échelle.
C’est cette évidence qui nous a poussés, Julien et moi-même, à monter ce label, et c’est ce système qui j’espère nous permettra de sortir une multitude de beaux albums.

Après avoir déposé les statuts de notre SAS et signé avec le jeune distributeur Kuroneko, la label était né : quatre groupes déjà, tous des amis, et une release party de toute beauté. Puis les premières sorties, des cassettes fabriquées à la main, deux EP, des disques, une boutique en ligne, et même un nouveau venu dans l’équipe, David, qui gère d’une main de maître le shop et le merchandising.
Tout est allé assez vite finalement.

Bon vent

Quelle aventure !
«  Highline », est le résultat de trois ans de travail. Un travail qui m’a fait porter les casquettes d’auteur, compositeur, arrangeur, productrice, réalisatrice, commerciale, label manager, PR, directeur artistique, entrepreneur, tour manager, community manager… J’ai adoré porter tous ces chapeaux, et même si ce fut parfois dans l’adversité, mener à bien un tel projet est extrêmement gratifiant.

C’est une grande fierté pour moi d’attendre avec impatience cette sortie, comme si c’était la première de ma vie. La première sur mon label, la première d’une autre manière, la première sans le moindre regret.
C’est aussi la première fois que je n’attends rien, sinon partager ce disque avec vous. Et c’est très agréable. Attendre, sans rien attendre.

To stream or not to stream ? Impressions

J’ai mis du temps à sauter le pas, mais ça y est je me suis abonnée à Spotify.

Pourquoi Spotify et non Tidal ou Apple Music, ou encore Deezer? Je ne sais pas. En grande partie parce que j’avais envie de varier les plaisirs, ne pas avoir un mac tout Apple, et parce que j’en avais assez de ne pas pouvoir écouter les playlists Spotify des artistes que j’aime.

Ce qui m’intéresse ici n’est pas la part ridicule reversée à l’artiste ou le fonctionnement économique du système, mais la façon dont le streaming modifie nos habitudes d’écoute.

Jusqu’à il y a un mois, je n’étais abonnée à aucun service de streaming. Mon téléphone était rempli de mp3 que je téléchargeais consciencieusement à partir des cartes de download récupérées dans les vinyles. Je n’achète plus de cds depuis des années, mais beaucoup (trop) de vinyles. Je n’écoute pas de musique dans la rue ou dans le métro, je n’ai pas de casque Beats ou Marshall à 300 euros, et mes habitudes étaient jusqu’alors assez old school. Je découvrais des artistes par recommandation, ou par le net, sur des sites spécialisés, fouillais sur youtube ou sur le site de l’artiste pour en savoir un peu plus sur son actu, ses projets, et si j’amais, j’achetais le vinyle. Parfois même aux US, directement auprès des labels, quand les artistes n’étaient pas disponibles en Europe, et tout en me délestant de 30 euros de frais de ports. Mais toujours avec le sourire et la certitude d’avoir soutenu un groupe indépendant de qualité et donc d’avoir fait avancer l’humanité dans le bon sens.

Puis j’écoutais ensuite le vinyle chez moi, au calme.

Spotify m’a obligée à changer un peu ces habitudes. Tout d’abord j’ai acheté un connecteur bluetooth pour pouvoir piloter facilement l’appli de mon tel ou mon ordi et profiter du plaisir de mon système de son sans envahir mon appartement de cables. Quand ça marche c’est plutôt pas mal.

Alors, un nouveau monde s’est ouvert à moi et j’ai erré dans l’immensité du catalogue Spotify.

Cette errance m’a permis d’écouter beaucoup de musique, beaucoup plus que d’habitude. A force de rebondir sur une suggestion de l’algorithme, d’écouter les playlists, d’aller fouiller chez mes contacts et espionner leurs préférences, j’ai perdu un temps précieux, fait quelques découvertes, mais en vérité, rien de véritablement marquant.

Le streaming rend passif et fainéant. Ma platine ne tourne plus, mais j’écoute tout, beaucoup, ce qu’on me suggère, ou ce qu’on ne me suggère pas, des albums anciens, des nouveaux, je découvre des artistes que m’étaient inconnus, et mon cerveau ne fait absolument plus la part des choses. Je ne peux pas vous citer le nom d’une seule découverte.
J’écoute beaucoup, vite, et mal.

Oui, le streaming nous encourage à une consommation quantitative et non qualitative, il n’y a aucun doute. L’immensité de l’offre n’est absolument pas contrebalancée par une démarche artistique des plateformes. Il y a certes des recommendations, par style, mais elles tombent à côté de la plaque une fois sur deux parce que c’est un robot qui applique son algorithme en fonction des albums écoutés par l’utilisateur, du temps passé sur tel ou telle page, de la vitesse à laquelle ce dernier à zappé le titre etc. L’automatisation tue complètement la dimension personelle de l’acte d’écoute. C’est un gavage organisé.
On peut toujours essayer de dégotter de bonnes playlists spécialisées, mais c’est long, fastidieux, et les choses vraiment intéréssantes sont bien cachées.

Pour un consommateur avisé, cette immensité donne la nausée.

A mon sens, une plateforme de streaming devrait être comme un disquaire. On ne devrait pas tout avoir à dispo, mais chaque plateforme devrait obéir à une ligne artistique. Aussi les fans de jazz, soul, musique du monde iraient plutôt chez untel et les mordus de pop rock indé plutôt chez trucmuche. A cela s’ajouteraient des mises en avant censées, obéissant à une ligne artistique cohérente, comme lorsqu’un magasin de disque fait découvrir des choses à ses clients. Il y aurait des spécialistes.

Evidemment, si mon rêve se réalisait, le marché serait morcelé en une multitude de petites offres de streaming. Il y aurait les gros, bien sûr, mais on pourrait aussi aller chez les petits qui feraient un travail humain et à une échelle concevable, de défrichage et de découverte. Comme dans la vraie vie.

D’une façon plus générale, je pense qu’il faut remettre de la personnalité et de l’humain dans toutes nos entreprises, qu’elles soient commerciales, ou artistiques. Personne ne peut s’identifier à la société telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, et ces plateformes sont un énième exemple d’un modèle vide de sens, où l’on accumule des catalogues d’oeuvres dans une immensité qui n’est pas absolument structurée.

Quelle culture musicale pourrions-nous bien nous forger en abandonnant nos oreilles à spotify et consorts?

Une culture chaotique et sans histoire, artificiellement assemblée par un robot qui, par définition, n’est pas très humain.

J’hésite à me désabonner.

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L’ Acharnement

Chers tous, ça fait un bail.
Pourtant j’ai plein de choses à vous dire, à vous écrire.
J’ai sorti un vinyle,  puis un clip, et j’ai monté un label avec plein d’artistes chouettes.
Si vous voulez en savoir un peu plus, voici une interview parue aujourd’hui sur l’excellent blog “Les Acharnés“.
L’occasion de faire un rapide résumé de mon parcours de ces dernières années, de mes péripéties, et de mes nouveaux projets.
La suite très vite.

L’ ACHARNEE DU MOIS #8

Gunshot

Un matin, une chambre d’hôtel dans un pays chaud. Un état écartelé par la guerre. Il est tôt, tout est calme. La lumière est belle et dorée. Elle se réveille et regarde son compagnon assis à la table de leur chambre écrire une carte postale. Il est photographe, ou journaliste, peu importe, mais il est là pour son travail.  Il la regarde et esquisse un sourire. Le coup retentit, la fenêtre est ouverte, il tombe de sa chaise. Un bruit sourd, et les oreilles se mettent à siffler. Puis plus rien.
C’est lui, le mort, qui raconte.

J’ai écrit ce titre pour mon nouvel album que j’ai terminé en août, et comme souvent, le texte s’est articulé autour d’images que j’avais en tête quand j’ai fredonné la mélodie.
Vendredi, trois heures après avoir posté le teaser de la vidéo que j’annonçais depuis une semaine, des assassins ont terrorisé Paris et volé la vie de centaines de personnes; une exécution planifiée et incompréhensible.
Ce titre est apparu comme une affreuse prémonition, non parce qu’il parle de terrorisme précisément, mais parce qu’il parle de la balle qui fauche. Avant elle il y a la vie et l’insouciance. Le mouvement et le langage. Puis en un instant il n’y a plus rien, juste le silence, l’absence, et le vide.

Lorsque j’étais à New York cet été j’ai beaucoup marché. J’habitais à Harlem près de l’université de Columbia. Lors d’un de mes périples, je me suis arrêtée dans un petit café, à l’angle de Broadway et de la 97e. J’ai bu un thé glacé en rêvassant, mon Olympus argentique vissé autour du cou. Un jeune garçon est venu m’aborder pour parler photo. Il s’est présenté comme photographe, monteur et vidéaste, et alors que je lui disais que j’étais française il m’a répondu dans un français parfait que lui-même était haïtien. La conversation n’a pas duré et je suis rentrée chez moi en me disant que je voulais qu’il fasse des images de New York pour ‘Gunshot’. Je l’ai contacté le soir même et nous avons décidé de filmer, sans véritable objectif, une longue balade mélancolique dans la ville. Je ne savais pas ce que j’allais en faire, mais j’étais là-bas et je voulais me souvenir. Cette ville est si belle en noir et blanc.

J’ai donc passé les jours suivants à marcher avec lui, un peu partout dans la ville, et naturellement, nous avons beaucoup parlé. Gaël vient d’une famille catholique haïtienne, sa famille habite en Floride mais lui est venu à NY il y a quinze ans. Il a servi en Iraq et s’est converti à l’Islam il y a peu.
Alors que nous partagions un avocado burger un soir, je me souviens lorsqu’il m’a dit, les yeux brillants, « I converted to Islam and I love it ».

On a tourné des images, puis je suis rentrée à Paris. Nous n’avions pas vraiment parlé depuis. Je lui avais juste envoyé le montage du lyrics une fois terminé. Le jour des attentats, dans l’heure qui a suivi les horribles événements, Gaël m’a envoyé un message sur instagram pour me demander comment j’allais. Nous avons échangé brièvement, dans la panique, et il a écrit cette phrase « Ok. Be strong! Keep G’d close. Help others keep their spirit high. Broken spirit would be victory for them. I fought against people like that. They lust over broken spirits. Keep the Faith and stay strong».

Si les mots de Gaël sont ceux d’un sage, c’est un ensemble de symboles qui se regroupent autour de cette chanson. Alors il y a ce thème, comme prémonitoire, cette mélancolie sourde, et Gaël, un musulman croyant et pratiquant, qui m’a aidé à faire ce petit film.

J’aurais pu être là-bas, avec tous ces gens. Je pense à eux, tout le temps.

One morning. A hotel room in a hot country. A state torn apart by war. It’s very early, everything is silent and the light is golden and beautiful. As she wakes up, she watches her lover sitting at the table accross their bedroom, writing a postcard. He is a photographer or a journalist, either way, he is there for work. He looks at her too and almost smiles. The shot blasts, the window is opened, he falls from his chair. A dull noise and the ears ringing. It’s over.
It’s him, the dead boy, who is speaking.

I wrote this track for the upcoming record I finished last August. As it’s usually the case, the text was built according to images and visual sequences I had in my head when I sang the melody for the first time.  And friday, three hours after I posted the teaser for the release of the video I planned weeks ago, murderers terrorized Paris and stole the life of hundreds of people : a planified and unbearable execution.
This song appeared like a terrible premonition. It doesn’t specifically talk about terrorism, but it talks about that one shot that takes life away. Before there is  innocence, movement and language. And in a glimpse, it’s all over and what’s left is absence, silence, and emptiness.

When I was in New York this summer I walked a lot. I was staying in Harlem near the Columbia University. One afternoon, I took a break in a little coffee shop at the corner of Boroadway and 97th st. I ordered an iced tea, all lost in my thoughts, my Olympus Camera hanging around my neck. A young man showed up, sat next to me and we exchanged about photography. He said he was a photographer, film editor and film maker. As I was mentionning the fact that I was coming from Paris, he answered in a perfect french that he was from Haiti. We didn’t speak much longer but as I was walking back home I thought it would be great if he could shoot images of New York for the track ‘Gunshot’. I reached out that same night and we agreed on making a video, guided by the idea that it would look like a long melancolic walk in the city. I had no idea what I would do with it, but I was out there and wanted to remember. New York is so beautiful in black and white.

So here is how I spent the following days wandering around the city with my new friend. Naturally, we ended up talking a lot : Gaël comes from a catholic family in Haïti and they now all live in Florida. He arrived in NY fifteen years ago, served in Iraq, and converted to Islam recently. I remember one night, as we were sharing an Avocado burger, he told me, with sparkles in his eyes « I converted to Islam and I love it ».

We shot the images, and I flew back to Paris. We didn’t really talk I left, only I sent him the final cut of the video when it was finished.
The day of the attacks, an hour after the awful events, Gaël sent me a message on instagram asking how I was doing. We briefly talked, as I was rushed by panic, and he wrote those words : « Ok. Be strong! Keep G’d close. Help others keep their spirit high. Broken spirit would be victory for them. I fought against people like that. They lust over broken spirits. Keep the Faith and stay strong».

Gaël’s words sound wonderfully wise, and everything about this song is symbolic. There is the theme, the heavy melancholy and Gaël himself, a convinced muslim, that helped me make this video.

I could have been there, with all those people. I think about them all the time.

Wake up
can you feel the world outside
Can you see me writing postcards
while the sun is bright
In bed, you are staring at the window
You can hear me fall, low
There’s a gunshot outside

In the papers, you never saw his face
And maybe it’s a nightmare,
Anyway it’s too late

Stand up, cause the world is still humming
It could a beginning
As the sun still shines
In bed, you’re still staring at that window
And your ears are ringing low
There’s a gunshot outside

In the papers, you never saw his face
And maybe it’s a nightmare,
Anyway it’s too late

Montage of Kurt

I finally got a chance to watch the new Kurt Cobain documentary everybody has been talking about : ‘Montage of Heck ‘. Reading Buzz Osborne interview on the Talkhouse this morning made me jump ahead. If this documentary is 99% bullshit, I had to see for myself.

Well, as a matter of fact, I didn’t like it. I haven’t learned anything, and I thought it was just a collection of sounds and images, but couldn’t see any insightful purpose behind it all.

I read Kurt’s dairy and Charles R. Cross book “Cobain Unseen” a few years ago and I knew almost everything already : how the divorce of his parents affected him deeply, the fear of humiliation, how music and the development of Nirvana structured his life for a while, his influences and surroundings, how sudden was the exposure to massive media, as well as his struggle with heroin, the fake stomach issues to justify drug medication, the shady influence of Courtney, and of course the awful ending.
What else is there to say?

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This being said, I did enjoy how the documentary was built. The animations are really great, the footage from his childhood, and some demos we can hear in the backround turned out being really inspiring. Unfortunately, the final result is nothing but a montage, and there is no convincing thread holding the images together.
Footages of Kurt and Courtney totally high while taking care of Frances Bean Cobain are terrible, and make you want to shut the whole thing down. What’s the point of showing this anyway?

It is obvious that Kurt was a smart yet fragile fellow, with a huge talent, and I do believe he is one of the finest songwriters ever. But as many others, he got crushed by success and mass exposure, and he couldn’t cope with being the leader of an entire generation. That’s basically all there is to know. There were many others like him. Celebrity and money often lead to bad influences, bad surroundings and bad people, all of this combined with drugs…well, it also usually leads to a bad ending.

Save two hours of your life for something else, you obviously don’t need to see ‘Montage of Heck’.
So there.

 

 

Cannonballs and seagulls

It’s funny how preparing a record makes you reflect on your musical identity.

When I was a teenager, I was clearly torn between the United Kingdom and the United States, between Blur and Nirvana, between Elastica and the Breeders…etc. I thought the Brits wrote killer songs but the Americans sounded better. Still makes sense for me today.

I’m listening to a lot of Breeders lately. I always loved this band, and I remember watching the Cannonball music video over and over again when the single came out. This song is such a miracle. You can tell when you listen to the entire record that this track is different from all the others. The sound is prodigious.

At the time, I already had started playing guitar. I was 11 or 12 and when my parents bought me a shitty classical guitar for Christmas. I learned a few chords and started recording songs. But I was not into acoustic things that much and I started dreaming of electric sounding guitars, of cables, distortions and amps.

Next to my my school, there was a little shop where they gave music lessons. In the shop window there was an acoustic guitar. Everytime I got out of school I would walk by the shop and stare at the guitar. It was a Seagull electro-acoustic, and it looked so beautiful compared to mine.
One day, encouraged by a friend, I entered the shop and asked if the guitar was for sale. The guy told me it was his guitar he placed in the front window so people would understand they gave music lessons but it wasn’t for sale. I asked if he was totally sure, and then he said maybe he could sell it to me.

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So that’s basically how I got my first real guitar : love at first sight. It was only a while after that I realized Kim Deal had exactly the same Seagull in the Cannonball music video, and I felt so bloody proud. Quickly after I  bought an awful 10W Park amplifier, and that’s basically how I experienced my first overdrive. The acoustic guitar was plugged into the amp and I would play alternative versions of smells like teen spirits, endlessly, until my parents told be to shut it down.
The funny thing is I learned years later that one of the reason why Cannonball sounds so special is that Kim Deal plugged her Seagull guitar in an amp in order to get this very specific distorted sound. I swear I didn’t know. But great minds think alike, right?

Anyway, I still play that guitar, and I never understood why this brand was not more popular. They are pretty cheap and sound awesome.

And the Breeders rock big time. I will never get tired of this band.

The Magic Blur

I left Blur a while ago, when I finished reading Alex James book « A bit of a Blur ». The band had exploded right in the middle of Think Tank’s recording sessions and it looked really gloomy. Damon and Graham’s relationship was such a struggle it seemed obvious fixing it would be the only key to any further Blur material.

When they reappeared in 2009 for a bunch of concerts I was wary. I thought their reunion looked genuine but I couldn’t understand why they would show off on such big stages. What was the purpose?  Although the media were getting all crazy about their comeback and the Hyde Park gigs, given the particular context, the band didn’t really made a fuss about it.
Damon kept telling the press he was not sure it would be followed by anything, and he implied the gigs were a desperate and unique attempt to work things out. It could as well be the end of it all. Of course, that was quite a tease. Everybody would want to go to the shows !
But yes, Graham and Damon finally had a chat after all these years, and felt like they could give it a try.
When you’re in a band, playing can sort a bunch of issues between egos. The thing is, those guys are not in a band, they are in Blur. One can easily understand how tricky it may be.

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As most european kids of my generation, britpop was my scene. In the nineties, it was the musical movement I adored. Blur, Elastica, or Sleeper were my favorites and they strongly influenced me. I watched MTV all day long and often went on holidays in London, Wales, or near Dublin to practice my english. I would usually spend all my pocket money in records, english music magazines or fish and chips.
Therefore, those bands were like older brothers and sisters. I watched them giving interviews, performing, and I followed their releases. They were part of my life. For some reason I thought I had a lot to learn from them and their songs, but I never really adopted a fan attitude. They were just doing the job I dreamed of, so I watched them tirelessly, trying to understand how it all worked.

Blur’s comeback was something I feared. But on the other hand, I knew the guys were smart enough, and wouldn’t reappear unless they had something valuable to share.
When the first pictures of the band working on new songs popped up on the internet I was surprised by how simple it all looked. All band members in the same room, small studio, in a total DIY atmosphere. The 30 minutes documentary that was released a few days after the release says just that : they needed to hide somewhere, jam, and it would eventually lead to a fine record. Graham obviously took the lead, and I believe that helped putting the pieces of the puzzle together.

The result is a great Blur record. It’s funny how the esthetics of it all -the cover, the chinese signs and artwork, and the songs themselves- contrast with the behind the scenes atmosphere. Mostly made of shitty iPad Videos of four guys working in a crappy studio… well, that’s not fancy at all ! Maybe fans were expecting something else, but it speaks for itself. All band members seem to be enjoying themselves and that’s all we needed to know.

I don’t want to write about the record itself. I am not a music critic. But I do like it and I think it’s a wonderful Blur record. It’s typical : great songwriting, nonchalant basslines and catchy guitar riffs with an elegant sound. Typical doesn’t mean it’s just another Blur record. It’s truly different, and there is a melancoly and solemnity about it that makes it really moving. Maybe it’s not the best record they’ve ever made, but it’s probably the most endearing one.
I feel my big brothers finally made up and it’s somehow heartwarming.

After ‘The Magic Whip’ finished spinning on my turntable, I was happy and wanted to hug those four guys and thank them for making pop music so bloody exciting.

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