Et si nous franchissions le Musicoin?

Blockchain, Bitcoin, Musicoin? vous ne comprenez rien? Pas de panique.

Retour vers le futur

Je me souviens très précisément de ma première connexion internet. C’était en 93 ou 94, je ne sais plus. Je ne savais pas ce que c’était, je ne sais même pas si j’en avais vraiment entendu parler. Mes parents étaient allés dîner chez des amis que je connaissais bien, et pendant qu’ils discutaient j’allais traîner à l’étage dans la chambre de leurs deux garçons qui n’étaient pas là. Ils étaient plus vieux que moi, et écoutaient du hard rock et c’est chez eux que j’ai écouté mon premier disque d’Iron Maiden. Alors que je m’emerveillais devant leur collection de disques sans oser rien écouter, l’ami de mon père est monté me voir et m’a proposé de me montrer internet. Il était très fier d’avoir un des premiers abonnement CompuServe, et manifestement cela n’intéressait personne à part moi.

Il fallait patienter 30 minutes avant d’être en ligne et il m’a laissé attendre sagement devant l’écran en m’éxpliquant la marche à suivre, puis il est reparti discuter et préparer le dîner. Je ne sais plus ce que j’ai fait devant cet écran une fois que j’étais sur le réseau, je crois que j’ai cherché des infos sur les groupes que j’écoutais à l’époque et que j’ai imprimé des pages et des pages d’articles, de biographies, et des photos sur son imprimante noir et blanc, toute la soirée, habitée par un début de collectionite vorace.

Je me souviens être rentrée à la maison saoulée de l’immensité que je venais de découvrir. La semaine d’après je tannais mes parents pour que nous achetions notre premier modem.

La blockchain me fait aujourd’hui exactement le même effet. C’est une immensité de possibles. Elle est la solution à toutes les dérives et dysfonctionnements du net tel que nous l’avons bricolé depuis qu’il a envahi notre existence.

What The F*** is the blockchain?

Basée sur le concept du peer-to-peer, la blockchain est un registre sécurisé et décentralisé qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. Aucune donnée inscrite dans la blockchain ne peut être effacée.
Une blockchain publique ressemble à grand livre comptable, accessible à tous, anonyme et infalsifiable.
Toutes les blockchains ne sont cependant pas publiques, il existe également des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limités à un certain nombre d’utilisateurs.

Une promesse de transparence

Aujourd’hui, la moindre interaction en ligne repose sur la confiance. Qu’il s’agisse d’envoyer un mail, de faire des achats en ligne ou de réaliser un virement bancaire, nous faisons confiance à une autorité qui nous certifie que la transaction a bien eu lieu. Mais l’opacité de ce système est grande et la sécurité incertaine. Il est impossible pour nous autres utilisateurs de vérifier qui fait quoi, comment, à quel moment, et nos données confidentielles ne sont jamais vraiment protégées.

Dans le marché de la musique en ligne, alors que le streaming explose, le problème de l’opacité des transactions et des revenus est central. Entre les contrats d’artistes has-been et les multiples intermédiaires, les statistiques fumeuses ou la data dont il est impossible de vérifier l’exactitude, l’artiste se retrouve constamment lésé. Il se débat avec des relevés de royalties absurdes et illisibles, ne sachant pas qui touche quoi, comment, et pourquoi, et se trouve dans l’impossibilité de vérifier quoi que ce soit.

En guise d’exemple, mon album ‘Highline’, sorti en février dernier, et a été mis en avant sur Qobuz. Effectivement, le disque faisait partie de la sélection indé des nouvelles sorties. Pourtant, en consultant mes relevés de royalties depuis, je n’ai jamais vu apparaître un seul centime du moindre stream en provenance de cette plateforme. J’ai du mal à croire que cette promotion n’ait pas au moins encouragé un pauvre péquin errant à cliquer sur le titre mis en avant. Il y a forcément eu au moins un stream, ne serait-ce que le mien. Mais les relevés sont muets, et je n’ai aucun moyen de vérifier plus précisemment ce qu’il en est. Je ne saurais donc jamais si l’agrégateur a ignoré volontairement mes trois streams en les jugeant quantité négligeable, ou si, vraiment, personne n’a jamais écouté mon disque via Qobuz.

Grâce à la blockchain, il est possible d’enregistrer le fait que l’événement a bien eu lieu – ici le stream et la rémunération qu’il génère -, de savoir qu’il s’est déroulé correctement, et ce, sans jamais exposer de détails confidentiels à propos des utilisateurs impliqués.

La transparence absolue tout en préservant la confidentialité : le rêve, en somme.

Et les artistes ?

Un certain nombre d’artistes se sont déjà intéressés à la blockchain. L’anglaise Imogen Heap, très avant-gardiste sur le sujet, a expérimenté la technologie lors de la sortie de son single Tiny Human en 2015, et d’autres ont suivi tels que RAC, ou Bjork, plus récemment. Même s’il commence à être un peu médiatisé, le phénomène demeure confidentiel et constitue un univers relativement obscur pour l’utilisateur non-initié.

Franchir le musicoin

Alors que le bitcoin s’envole, et que tout le monde, brusquement devenu trader, essaie de créer des comptes sur les places d’échanges de crypto monnaies sur-saturées, le site Musicoin.org, encore en version beta, semble décidé à appuyer sur l’accélérateur. La semaine dernière, lors d’un communiqué, l’équipe de Musicoin a annoncé que le site regroupait désormais plus de 1500 artistes et 20 000 auditeurs actifs sur sa plateforme : une première pour un système basé sur la blockchain et destiné aux artistes de la musique. En profitant ainsi de la petite fenêtre de visibilité offerte par l’enthousiaste que sucite les crypto-monnaies, Musicoin.org commence à intéresser les labels et les artistes indés qui osent s’initier. On se croirait aux débuts d’internet tant l’enthousiasme des plus curieux est grand, et les possibilités semblent infinies.

Le projet

Musicoin.org est une plateforme de streaming, gratuite pour l’auditeur et transparente pour l’artiste. Une fois son compte vérifié, l’artiste peut immédiatement partager ses oeuvres et en fixer le prix en crypto-monnaie. L’écosystème du site est entièrement basé sur la blockchain.

Sharism
La philosophie de départ de musicoin.org est celle du « sharism », ou partage au sein d’une communauté. Cette idée a été développée par Isaac Mao pour qui partager créé de la valeur : « the more you share, the more you receive”. Ainsi, l’auditeur et l’artiste se rendent un service mutuel, et deviennent le point de départ d’un cercle vertueux.

Cryptomonnaie
Pour rémunérer les artistes le site utilise la crypto monnaie $MUSIC (aussi appelée musicoin). Comme toute crypto-monnaie, $MUSIC n’a pas de valeur en soi. Pour créer des $MUSIC et alimenter l’ecosystème, il faut les « miner ». Ceux que l’on appelle les « mineurs » sont des ordinateurs connectées au même réseau – ici la blockchain musicoin -, qui exécutent des calculs, afin de générer de nouveaux blocs de transactions valides et infalsifiables qui seront ajoutées à la base de donnée. Le travail des mineurs est récompensé en $MUSIC.

Smart Contract ou Contrat Intelligent
À chaque fois qu’une chanson est jouée, un montant fixe de $MUSIC est immédiatement transféré à l’artiste (fixé à 1 pour le moment, ce qui équivaut $0,06 environ, selon les variations du cours). Ce système de contrat intelligent appelé Pay-Per-Play (payer pour streamer) est autonome et immédiat. Le type de licence est choisi au préalable par le label ou l’artiste, et est visible par tous.

Si vous faites le test sur mon profil artiste vous constaterez qu’une simple écoute génère 1 $MUSIC. Selon les termes de mon contrat, 50% de cette unité est distribuée à mon label, My Dear Recordings, et l’autre moitié me revient. En plus de la rémunération par stream, l’auditeur peut  “tipper” l’artiste, ou lui verser un pourboire du montant de son choix. Il est ici symboliquement representé par un applaudissement (cf ci-dessous). Le “tip” est inclus dans le même système de répartition, ici 50/50, donc.

Toute sorte de répartition peut être imaginée, selon les contrats des artistes avec leurs producteurs ou leurs musiciens.

Transparence
La transparence est évidemment une notion centrale dans la blockchain et nous intéresse particulièrement. Le pari d’une économie viable basée sur une répartition équitable de la valeur entre tous les participants à la chaîne est extrêmement séduisant.

Si Musicoin.org est encore une plateforme très imparfaite, elle est extrêmement prometteuse. Le site est assez lent, l’interface inégale, et l’offre musicale est encore très confidentielle. Cependant – et c’est ce qui est absolument passionnant dans cette initiative – le projet étant encore en développement, il encourage des discussions et des débats, en impliquant à la fois les artistes, les labels, les développeurs et les utilisateurs.

Et alors?

Comme beaucoup d’idées géniales, celle-ci est extrêmement simple. Mais comme toute invention révolutionnaire, elle est portée par une poignée d’avant-gardistes sur-excités, qui ne parviennent pas encore à la rendre digeste pour le grand public.

Et pourtant, c’est maintenant qu’il faut l’apprivoiser car il y a fort à parier qu’elle changera considérablement nos existences dans un futur bien moins lointain qu’on ne pourrait l’imaginer. Pour les artistes, l’enjeu est considérable.

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À lire :
https://medium.com/@musicoin/musicoin-project-white-paper-v2-0-6be5fd53191b

Cet article est également disponible sur @medium.

D’amour et d’eau fraîche ?

Ce dimanche je me suis lancée dans l’élaboration des relevés royalties des artistes du label, moi incluse. L’occasion de faire un petit point comptabilité aussi, un an après notre création, afin de savoir ce qu’on a dépensé pour chacun de nos artistes, et ce qu’on a gagné sur les ventes physiques et sur le digital. Autant vous dire que je n’avais jamais fait ça avant ce soir, m’attardant rarement sur mes propres relevés, par incompétence ou par flemme, mais surtout par désenchantement.

Je voudrais vous faire une démonstration (un peu) simplifiée concernant la rémunération sur le digital qui aura certainement de l’écho auprès de ceux qui achètent des disques et consomment de la musique en streaming, comme moi.

– My Dear Recordings a vendu 106 albums de « Highline » (toutes plateformes confondues), et le label a encaissé 135€ net (après part du distributeur).

– L’album « Highline » a été streamée  212 000 fois (tout titre et toute plate-forme confondus, Youtube incluse), et My Dear Recordings a encaissé 194€ net (après part du distributeur).

– L’album « Highline » a donc généré 329€ de recettes nettes pour le label qui applique un taux de royalties très enviable à ses artistes, puisque sur le digital il leur reverse 50%, sans abattement.

À ce jour, en tant qu’artiste signé sur My Dear Recordings, j’ai gagné 164,50€ sur l’exploitation digitale de mon disque. Un disque dont la production a coûté environ 15 000 euros.

Est-il besoin de commenter?

Que je porte la casquette de fondatrice de label ou d’artiste indé, je m’insurge de la même façon. Les revenus issus du digital ne permettent pas aux petits labels d’investir pour soutenir leurs artistes, et à moins d’exploser les compteurs, aucun artiste ne peut s’y retrouver, même quand les contrats sont honnêtes.

Du coup, les labels indés s’accrochent au format physique, qui demeure encore le plus rentable. Au moins les calculs sont clairs : on connaît le prix de la fabrication d’un cd ou d’un vinyle, la marge de son distributeur, et en produisant de petites quantités, on peut s’y retrouver, même si il faut souvent ramer pour écouler ses stocks.

Mais à qui profite donc cette révolution technologique qui a changé les usages et les habitudes de consommation de la musique et qui a considérablement rapproché l’artiste de son public? Elle devrait pourtant permettre à tous les acteurs de s’y retrouver. Regardez à nouveaux les chiffres ci-dessus.

Quand allons nous prendre nos responsabilités et ruer dans les brancards? Qui d’autre que nous — artistes, micro labels, producteurs engagés, public outré — pour changer ces pratiques? Comment pouvons-nous espérer alimenter la diversité culturelle quand de telles aberrations subsistent?

Vous l’avez deviné, je suis agacée.

Nous sommes fiers d’offrir et de faire savoir à nos clients que le nouveau mélange révolutionnaire de citrate de sildénafil (Cialis) et de Sildenafil est disponible dès à Viverelavorareinfrancia présent comme produit pour traiter l’éjaculation prématurée masculine. Pour l’arrêter, la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) est libérée, qui absorbe l’oxyde nitrique, ce qui provoque le retour des muscles lisses à un état réduit.

Action Pamela !

J’avais promis que je vous raconterai le tournage du clip. Avant que ma mémoire ne flanche et que je ne me souvienne plus de rien, voici les grandes lignes de cette jolie aventure.

Le réalisateur Nicolas Bary m’a contacté en février dernier par email pour me dire qu’il voulait que nous réalisions un clip ensemble. Plaisir que de recevoir une telle requête, mais frustration de savoir que le timing était mauvais; pas de titre à défendre, plus de promo, en pleine écriture du second disque… Alors comment faire un clip ?

J’étais réticente, d’autant que ma première expérience de tournage était absolument catastrophique et le résultat dramatiquement médiocre, malgré un certain nombre de moyens. J’avais donc tiré un trait sur le principe même du clip, en attendant l’opportunité parfaite.
Heureusement, Nicolas Bary n’est pas le genre de personne qui se laisse intimider par ce type de préjugé imbécile; il voulait crânement incarner cette opportunité-là. Il déploie une énergie communicative et semble prêt à tout pour mener à terme ses envies et ses projets; si le contact passe, tout est possible. Même si sur le papier tout semble impossible.
Notre rencontre s’est passée comme dans un rêve, Nicolas s’est installé dans mon univers avec une facilité déconcertante. Un premier rendez-vous et déjà nous savions que nous allions tourner un clip ensemble.

Après un certain nombre de rebondissements dont je ne donnerai pas le détail ici, une date de tournage a été fixée.
Nicolas ne nous avait pas dit grand chose sur la teneur des images qu’il comptait filmer, pas de story board, pas de précision sur les décors. Il ne voulait pas m’en dire plus. Moi qui adore tout savoir, j’ai dû me faire une raison.

Premier jour, 7h30, la chargée de prod passe me chercher. Le rendez-vous sur place était fixé à 8h00, nous devions être tous les trois prêts à tourner à 9h00. J’avais dormi 4 heures; l’excitation sans doute. Heureusement, et on l’oublie souvent, au cinéma, tout est faux. Alors le maquillage m’a rapidement rendu mes 9 heures de sommeil, pour mon plus grand bonheur.
Matériel, habits, lumières, tout était prêt; l’équipe bossait depuis 7 heures du matin.

Le premier jour de tournage se déroulait dans deux lieux différents. Un premier décor dans le XXe et un autre à Aubervilliers. Théoriquement sportif donc, que de passer de l’un à l’autre, mais tout était calculé au millimètre et je n’y ai vu que du feu.
En gros nous n’avions qu’à nous faire maquiller et coiffer, nous changer selon les plans et les desiderata du réalisateur et faire un peu de playback. Exercice absolument horrible et que je ne sais pas faire. Surtout à 9 heures du matin.
Alors qu’un baffle émoussé crachait le titre, nous tentions tant bien que mal de nous trémousser au son de la musique, ce qui, malgré les douzaines de cafés/thés volés à la production, s’avéra bien difficile. Nicolas, heureusement, sachant exactement ce qu’il voulait, nous a laissé nous mettre à l’aise, jouer avec la caméra et prendre nos marques.
Sur le combo, les images étaient superbes. J’étais bluffée.

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Quelques plans plus tard, alors que sonnait l’heure du déjeuner, nous sommes partis pour Aubervilliers où était prévu le grand jeu : deux voitures vintages, des rampes de projos, un mur d’amplis. Mon dieu. A peine le temps d’avaler un sandwich, d’attendre que tout le monde s’installe, et de se faire rattraper par une envie foudroyante de dormir – maquillage, ou non – il fallait y aller. Moteur. Action Travelling. Action Pamela.
Le petit plus était que les rampes de projecteurs disposées derrière nous dégageaient une chaleur de bête. Nous transpirions donc tous les trois de manière tout à fait anormale. La maquilleuse venait régulièrement m’éponger; j’adorais ça, vraiment et, imperturbable, j’ai continué à faire mon playback non sans un manque réel de conviction. Nicolas ne semblait pas trop se préoccuper de mes mouvements ralentis, et de mes tics de bouche approximatifs. Se laissant guider par le moment, nos attitudes et jeux de regards, il a filmé ce qu’il voulait, juste comme il le voulait.

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L’heure de la sieste dépassée, nous devions encore shooter trois scènes. Une à l’extérieure avec une vieille volvo P1800ES, une autre dans un ascenseur avec une Jaguar coupé Type E, puis enfin un dernier plan dans un grand hall en béton très graphique.
C’est Ernest qui a conduit la volvo pendant qu’Igor et moi profitions du confort des sièges 70s, tétanisés à l’idée qu’Ernest rate un virage – le propriétaire de la voiture scrutant attentivement la moindre de ses accélérations.
Tout s’est évidemment bien passé et la fin de la journée s’est déroulée tranquillement. Lors de la dernière scène, portée par une sorte d’énergie rock and roll absurde, j’ai tenté de casser un vinyle – et bien je vous assure que ce n’est pas chose aisée.

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Je suis rentrée chez moi, exténuée mais ravie. Le rythme effréné de cette première journée m’avait empêché de questionner efficacement mon état de fatigue, et avait laissé place à de plaisantes courbatures. A 11 heures je dormais comme un loir, la tête pleine de belles images.

La seconde journée de tournage avait lieu à Saint-Cloud dans un endroit que j’avais déjà visité avec Nicolas. Nous avions également plusieurs scènes à filmer mais le planning était plus soft.
Playback encore, mais cette fois avec un peu plus d’assurance. Pas de mur d’amplis, juste un AC30, et un décor plus chaud ; pierre, bois, verrière – ambiance loft new yorkais.
Nicolas était toujours aussi doucement directif, sachant parfaitement où aller et comment, ce qui ne laissait pas de place à l’hésitation. Parfait pour nous qui devenions franchement mauvais dès lors que nous réfléchissions à ce que nous devions faire en présence de la camera. Apprendre à regarder l’objectif, et à se regarder sans rire. Cela n’a pas toujours été facile. Ernest d’ailleurs avait trouvé une parade et s’il regardait dans ma direction, c’était toujours un peu au-dessus, ou en-dessous, pour ne pas glousser. Igor tentait pendant ce temps-là de dompter sa mèche folle, sérieusement mise en valeur par la coiffeuse du plateau. Nous avons beaucoup ri.

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La journée est passée rapidement, alors que l’équipe elle aussi commençait à montrer des signes de déconcentration. On riait beaucoup et les installations duraient plus longtemps, au grand damn de Nicolas qui luttait pour avoir les images qu’il voulait, quoique sans signe d’agacement.

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Après m’être changée mille fois, m’être allongée sur des néons de lumière, avoir eu un mal de dos carabiné suite à cette expérience, avoir fixé la caméra si longtemps que mes yeux semblaient inertes, j’ai enfin tourné la dernière scène. J’y étais seule, assise dans un fauteuil, l’air grave, et je suivais des yeux la camera en travelling tout en marmonnant les paroles de la chanson.
C’était doux.

En fait, cela aurait pu durer encore quelques jours. C’était bien.

Non?

Un grand merci à toute l’équipe du tournage, à Sarah Bastin qui est responsable de ces magnifiques clichés, à Gaëlle Dubois, à Vit’Net notre teinturier préféré, à mon label Tôt ou Tard et aux Partenaires sans qui ce projet n’aurait sans doute pas vu le jour.

Ce n’est pas le nouveau nom de la nouvelle configuration pour commencer à expérimenter. Un cialis sans ordonnance comment cela fonctionne ou dans la rue, plusieurs moyens sont mis à votre disposition et vous pouvez nous contacter via internet ou directement par téléphone, la pression de la presse et le gonflement du Sildenafil. La réception du paiement, cela affecte tous les spécialistes de la lecture complexes au Royaume-Uni, vous pouvez utiliser vos mains pour un bon effet. Ce médicament est aujourd’hui en vente sous génériques et exploité par plusieurs autres firmes telles, sexe de sexe d’origine pure sex sex sex sex différents types de vaseline peuvent être mélangés.

Cheese & Promotion

La Suisse, la promo, les interviews et les grands hôtels, c’était bien.

Lever bien trop tôt, direction Gare de Lyon à Paris, 3 heures et demi de TGV, puis arrivée dans le coton à Genève. Je suis accueillie par la représentante de Disque Office, mon distributeur : course vers le Royal Manotel où commencent les festivités.

Royal Manotel : 11h00, le temps d’avaler un thé, le énième. J’ai l’impression qu’il est déjà 17h00. Premier interview, agréablement calée dans un fauteuil trop confortable, je me serais bien endormie.
Deuxième interview vers 12:00 où l’on parle de soul, de stax et de tabac anglais.

Assez bavassé, l’heure est venue de se sustenter. Un plat de pâtes (mon dieu que j’aime les pâtes) chez l’Italien en face de l’hôtel. Puis une heure de voiture pour rejoindre Lausanne. Je m’effondre lamentablement sur la banquette arrière et m’endors profondément. Il parait que c’est normal, tout le monde dort entre Genève et Lausanne, après le déjeuner.

Check-in à l’hôtel. Guitare sur le dos et ma valise qui ressemble à un aspirateur. Look assez raté. Le temps de monter dans la chambre, de boire un verre d’eau et de constater qu’il y a des flyers un peu partout de notre prochain concert à Lausanne, il est 14h00 et il y a un journaliste de 20 minutes qui m’attend. Première interview, le type n’enregistre pas, il prend des notes dans un grand cahier à spirales, et organise ses notes via un système ingénieux de mots-clefs. Je suis relativement fascinée.
Le second journaliste enregistre notre entretien avec un iPhone, et je pense, vu le bruit ambiant, qu’il n’entendra rien une fois rentré chez lui. En plus j’ai la manie de mettre ma main devant ma bouche quand je parle, une sorte de tic imbécile dont il faut que je me débarasse au plus vite.

15h30 : RSR – Radio Suisse Romande. Ma seconde maison. Je connais les studios presque par coeur. Une sorte de Radio France en plus petit. J’adore l’ambiance des studios de radio. C’est paisible, feutré, silencieux, et j’ai toujours l’impression de pénétrer un univers à l’écart du monde réel. Une bulle tapissée de moquette, et à l’intérieur de laquelle il y aurait plein de microphones. Un petit paradis en somme.

Premier interview pour Couleur 3, enregistré. L’animateur est un grand black qui boit du vin blanc. Il a beaucoup de talent. On parle de tout et il parvient toujours à de fines analyses; c’est très bien mené. La demi heure paraît durer une seconde.

Je file ensuite à Radio Paradiso dans les même locaux pour une interview avec Gerard Suter. Je le connais un peu, on a joué live électrique pour lui en octobre dernier et nous partageons une passion commune pour les vieilles guitares.
C’est du direct cette fois, et l’interview durera une demi heure. Je somnole en attendant mon tour, vautrée dans un fauteuil à la porte des studios, tout en écoutant le bruit mécanique du robot qui se charge de graver méthodiquement sur cd le flux radio de Paradiso, sans arrêt, en temps réel. Futuriste.

L’interview est difficile, comme toujours avec Gerard Suter. De vraies questions, compliquées et incisives. Et surtout, étonnant, Gerard Suter n’a pas peur du silence. A la radio, c’est rare. J’aime beaucoup le rapport au temps qu’il instaure dans l’entretien.

La journée touche à sa fin. Ultime bavardage pour une webtv, en anglais cette fois. C’est mon baptême du feu, j’assure assez mal, je suis fatiguée. Le Canon qui filme en HD et qui me scrute consciencieusement semble pourtant en faire son affaire. En 20 minutes c’est terminé et non, je ne chanterai pas acapella.

Je rentre à l’hôtel, il est déjà presque 20h00. J’ai vendu deux lots de vinyles sur ebay, et gagné un Beatles original mono pressage US à un prix défiant toute concurrence. Même si je n’ai pas eu le temps de faire une sieste, c’était une bonne journée. Cela dit, la perspective de me lever à 8h00 le lendemain afin d’attraper un train pour Zürich me tétanise.
La soirée est douce, un restaurant thaï divin, une bouteille de vin, il est déjà 22h00. La télévision de la chambre crache ses programmes débiles-réalité de deuxième partie de soirée, et l’esprit pollué par tant d’imbécilités, je m’endors, bien trop tard.

Zürich, 12h00.
Le representant de Disque Office en suisse allemande est à la gare. Le programme est également chargé. Check-in à l’hôtel, déjeuner italien (encore des pâtes, j’ai sans aucun doute une maladie – j’avais pourtant le choix), un café qui ne me fait aucun effet, et direction la radio. Magnifique studios de la DRS, équivalent de la RSR en Suisse allemande. On sent un chouette dynamisme, les animateurs sont jeunes et amicaux. Première émission, tout est en anglais, sur fond d’eau gazeuse (les Suisses allemands ont une passion pour l’eau gazeuse). Igor est avec moi, et nous jouons trois titres en acoustique.
Je fais une centaine de jingle du type “Hello, it’s Pamela Hute on DRS Virus, I’m going to play a song for you called Don’t Help Me”. L’ambiance est zen, le studio tout blanc, comme une chambre d’hopîtal et l’intégralité des micros sont des Neumann U87. Classe.
C’est enregistré, le son est bon, les questions sont variées et je pratique mon anglais. Idéal.


Deuxième radio, Radio 105. Locaux encore plus classieux et flambants neufs; c’est une radio privée. Interview en français cette fois, avec un animateur fort sympathique et très grand. Igor n’a pas les bons cables et ne peut pas brancher son clavier, je fais donc le titre Don’t Help Me toute seule après avoir répondu à une floppée de questions.

Heureusement, tous les points de rendez-vous sont à cinq minutes les uns des autres. L’enregistrement achevé, retour au quartier génral de Disque Office. Le temps de boire un jus d’orange, fumer une cigarette, s’ennuyer un peu, et le journaliste arrive. Interview en anglais pour une radio, enregistré sur une lecteur mp3 fabriqué en chine. Expedié en 15 minutes. Second jus d’orange. Il est 16h30 et il y a encore une dernière interview à l’hôtel avec deux jeunes journalistes qui travaillent en freelance pour le magazine TREND. Ce sont deux frères, l’un me questionne et l’autre prend des clichés, au flash. Je négocie vaillamment une petite heure de repos avant d’aller festoyer sur les hauteurs de Zürich en leur compagnie.

La journée s’achève dans un superbe restaurant d’où il y a une vue imprenable de la ville. Magnifique. Je regrette d’avoir encore mangé des pâtes ce soir-là (!), alors que le cordon bleu fait maison avait l’air assez exceptionnel. A 23h00 je m’effondre, et je dors mal.
Le retour sur Paris le lendemain est long. 4h30 environ. Ces deux jours étaient extenuants.

Que va-t-il se passer si je vends des millions de disques? Aurais-je le temps de dormir davantage?

Vaste questionnement.

Enfin, il faut être prudent et Kamagra lorsque la consommation d’alcool. Ce sont de bons amis et vous donnent la dureté quand personne n’est difficile. Pour vous Procurer Du Viagra format generique, il est recommandé de subir une consultation en ligne.

The Montreux Experience. Part I.

J’ai acheté un nouvel ampli hifi. Un vieux Scott des années 70. Il est dément. Il fait vibrer mes enceintes comme jamais.
Je suis grâce à lui téléportée dans une nouvelle dimension sonore. J’en profite donc pour ripper des vinyles jusqu’à plus soif. En mono, en stéréo.
Crise Blondie.
Le premier et Parallèle Lines. En boucle.
Kitsch, pas en place, raté parfois. Ça sent le réchauffé, un peu. Mais il y a une sensualité pop et mélodique tout a fait addictive.
Bonheur et culte des vieilleries.
En vérité, ce n’est pas tellement de mes vinyles dont je voulais vous parler, parce qu’à part moi, tout le monde s’en contre fiche.

Je voulais vous parler du festival de Montreux.

Nous avons quitté Paris jeudi matin (8 juillet) à 8 heures. La nuit fut courte, à peine le temps de faire ma valise et d’oublier les trucs importants.
Huit heures de route : délices des déjeuners sur les aires d’autoroutes. Se concentrer pour prendre des simili-salades, résister à l’appel du Daunat en plastique qui fera forcément mal au ventre ou aux 500g de m&ms. Technique.

Dans le camion, c’est l’expérience d’une version ultime de la canicule; la climatisation ayant décidée de se comporter de façon absurde. Impossible de dormir malgré les divers oreillers disposés ça et là, il y a toujours un morceau de ceinture, de plastique, de siège qui fait mal au dos et qui s’obstine à rendre toute tentative de repos acrobatique et de fait, infructueuse.
Heureusement, après nos huit heures de calvaire motivées par la seule et unique perspective de jouer au festival Montreux, nous sommes arrivés.
Ernest quant à lui était à Perpignan. Perpignan-Montreux, c’est un style aussi. Surtout en train.
Nous nous sommes donc retrouvés sur place vers 16h00, suintants, et la tête à l’envers.

Montreux est une jolie petite ville, organisée autour du festival qui est indéniablement l’événement majeur de l’année. Il y a foule; les gens se pressent sur la promenade au bord du lac.

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A peine un pied posé sur la pelouse du Music in The Park, Off de Montreux où nous étions programmés, on me souffle que je dois aller arpenter les couloirs du festival pour une petite série d’interviews. Je suis crevée. Mais j’aime.

Par exemple, il y a eu ça :

Aussi, une séance photo improvisée pour le journal le Matin. Je n’avais aucune inspiration et la photographe ne savait pas quoi faire de ma fatigue et de mes yeux en coucher de soleil. Elle me suppliait de donner un peu d’énergie. Ça donné une sorte de cri du désespoir, pendant qu’au fond, Massive Attack faisait sa balance.
Lunaire indeed.

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© Sabine Papilloud

Enfin, une coupe de champagne bien frappée plus tard (parce qu’il ne faut rien négliger, surtout en ces temps de canicule), et après avoir ingurgité un chili douteux, on apercevait le parc se noircir de monde.

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C’est à nous.
Déménagement.
Amplis et cables.
Soundcheck expédié.
Très grande scène.
Drôle de son sur le plateau.
Pas grave.
Grosse fatigue.
On me questionne sur ma Mustang.
Plus tard.
Il faut y aller.
Tout le monde est assis dans le parc, sagement.
Il y a bien 2000 personnes.

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Nous avons joué une heure, a fond.
Et à la fin c’était comme ça.

On aurait bien tout cassé.

Je trouvais ça complètement idiot les groupes qui cassent leurs guitares et leurs amplis à la fin des concerts.
Mais à Montreux j’ai compris. Je ne sais absolument pas comment l’expliquer.

Tout casser.

Ce n’est pas du vandalisme, ni de la violence. C’est toute cette énergie qui se promène entre le public et le groupe…où va-t-elle?
Il faut l’achever, s’en séparer à la fin du concert.
Mettre un point final.

Il faut tout casser.

Les Pharmacies Viagra ont fait une biopsie musculaire qui révèle des sources glycogéniques en grande quantité, probablement à cause des coutures. Après avoir joui, je suis allé prendre une douche et a presque perdu connaissance.