Compilations

16 November 2009 1:52 - admin - Music, Web

Dans la lignée de l‘interview-fleuve-canapé de Bidibule voici une nouvelle série de questions-réponses pour le site owni.fr.

Les questions du web se répètent. Que penses-tu d’Hadopi, des labels participatifs, du streaming etc.
A quelques jours de la diffusion de l’enquête d’Envoyé Spécial à laquelle j’ai participé, le débat ne s’apaise pas. En 2009, où en sommes nous? Le piratage, la production, le live, les artistes, les internautes… Tout se mélange, et il ne reste que l’image floue d’un vaste marasme dont personne ne sait comment se sortir.

Bizarrement, je n’arrive pas à m’inquiéter. Peut-être parce que je fais partie des artistes qui sont sur le bon chemin, qui ont eu la chance de rencontrer les bonnes personnes. Mais si le marché s’effondre, qu’y puis-je ? Quel est mon rôle en tant qu’artiste ? Je constate bêtement et comme tout le monde la fin d’une ère. Et nostalgique, d’une époque que je n’ai même pas connue, j’erre chez les disquaires qui résistent et bave frénétiquement devant un vinyle original de Bowie, à 100 euros.

Le mois passé j’ai fait un gros tri dans mes cds, j’en ai balancé une bonne centaine. Des groupes moches que j’écoutais ado, et dont j’avais acheté les albums avec la carte fnac de mon père. J’ai tout jeté. Je regardais ce grand sac plein de boitiers sans aucun regret, avec soulagement presque.
Le cd n’est pas un objet, c’est un ratage. Il est trop multiple, il n’a aucune particularité. On en trouve dans les boîtes de Kellogg’s, ou par paquets de 500 à Montgallet. On peut en graver chez soi. Il est évidemment amené à disparaître, il n’a aucune valeur.

En rangeant et en contemplant ces morceaux de plastiques inertes, je me suis souvenue de la révolution Napster. A l’époque, et déjà nerd avant l’heure, je dépensais l’intégralité de mon argent de poche en photocopies couleurs. Des copains me prêtaient des cds, que je gravais (en 4x !) et je photocopiais la pochette pour que ma copie ressemble vaguement à quelque chose de proche de l’original. Cela me prenait un temps fou mais le résultat était excellent.
Et puis arriva Napster. L’intégralité de la musique, comme ça, en cliquant. J’ai abandonné la photocopie, évidemment.
J’avais beau mettre 5 heures à télécharger un mp3 avec mon modem 28.8 et bien je ne me décourageais pas. La compression était absolument dramatique, on n’entendait quasiment rien. Un poil mieux que du streaming, mais en fait, à peine. Les codecs étaient très mauvais au début du mp3. Mais peu m’importait, je gravais tout cela sur cd et je me faisais des compilations d’enfer avec un son immonde. C’était un chouette sentiment de liberté: le monde et la musique étaient à moi, derrière mon écran d’ordinateur.

Mon goût pour la musique a fait que je n’ai pas pour autant arrêté d’acheter des albums, et à vrai dire je ne suis pas du tout représentative du commun des mortels. Je suis du genre à télécharger un album illégalement, l’écouter, puis si j’aime je l’achète sur iTunes et souvent aussi en cd ou alors en collector vinyle. Si je n’aime pas, j’efface de mon disque dur parce que je n’ai pas la collectionnite des fichiers informatiques, du tout. Je me sers des mp3 comme borne d’écoute à domicile.

Je me suis souvenue aussi que dans les années 2000 tout le monde ne parlait que de numériser sa discothèque. Adieu les cds, tout dans un disque dur, sur un ordi, branché dans l’ampli. C’est un vrai boulot que de numériser ses cds, c’est fastidieux. Souvent c’était juste pour gagner de la place et passer pour un mélomane technologiquement très au fait.
Que sont devenus tous ces disques durs pleins de musique? Quelle tristesse. Parce qu’évidemment ces mêmes gens sont désormais branchés sur Deezer et ont remplacé l’ampli et la chaîne hi-fi par un système Bose pour iPod, plus design, et moins encombrant.

C’est une culture qui disparaît. La culture du son. La disparition du support fait disparaître le son, l’expérimentation et la diversité. La musique est partout, mais elle n’a plus de réalité physique autre que dans les salles de concerts.

C’est une drôle d’époque, riche en aberrations.

Pam.


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Tahiti Boy & The Palmtree Family

8 November 2009 17:00 - admin - Music, Web

Je suis toujours décalée dans mes découvertes, vous savez bien.
Je découvre les disques avec des mois de retard, parce que je ne fais pas confiance à la presse. Si elle en parle trop, je n’écoute pas. Et ainsi mon chemin croise parfois des artistes que j’avais sciemment ignoré.

C’est ainsi que j’ai découvert Tahiti Boy & The Palmtree Family.
Les inrocks et Magic en avaient fait leurs choux gras en mai 2008 lorsque l’album Good Children Go to Heaven était sorti en France. J’étais globalement assez méfiante à l’époque parce que le Tahiti Boy en question se montrait en public avec les mêmes lunettes que moi. Et je continue de trouver que tout le monde s’est approprié les lunettes vintage, certes avec beaucoup d’aisance, mais aussi avec pas mal de mépris envers moi, qui suis, rappelons-le, à l’origine de la mode.

A force d’errance sur le web, je me suis trouvée il y a deux jours nez à nez avec ce clip, coloré et joliment fait. Et ce titre, Brooklyn, n’est-il pas un single pop imparable ?

Revigorée, je me suis empressée d’aller acheter l’album sur iTunes, en consommatrice modèle que je suis. J’aurais préféré acheter un vinyle, mais apparemment, rien de tel n’est jamais sorti.

Tahiti Boy & The Palmtree Family a livré ce premier album en France il y a plus d’un an, dans un contexte confidentiel mais enthousiaste. Good children go to Heaven est un authentique petit bijou de pop. Les compositions sont fraiches, enjouées, et délicieusement mélodiques, sans jamais être niaises ou ennuyeuses. La réalisation est absolument parfaite, élégante, riche comme le premier disque d’Arcade Fire. Pas de grandiloquence, juste un sens du détail aiguisé et des imperfections savoureuses dont on peut difficilement se passer.
Je n’ai pas un seul reproche à faire à cet opus. Il m’accompagne depuis deux jours sans faillir et sans céder à la moindre faute de goût.

Pour ceux qui étudient l’importance centrale de la flûte dans la pop music, voici un album récent qui vous permettra de vous documenter et de questionner à nouveaux vos certitudes.

Mais il faut rappeler que Tahiti Boy n’est pas tout à fait novice. Après avoir habité New York pendant des années et avoir travaillé pour quelques grands (Tv on the Radio), il continue de réaliser ou arranger pour d’autres.
La Palmtree Family est cependant un vrai groupe, composé de 7 musiciens au total, tous issus de formations très sexy dans le milieu rock français (feu Hopper, Syd Matters, Poney Poney).

Le génie mélodique du Boy mêlé à la crème des musiciens indie français laissait en effet présager une élégante réussite. Ce premier album à les troublantes allures d’un grand classique.

A voir : http://www.vimeo.com/1765895

http://www.myspace.com/tahitiboyfamily

http://www.thirdsiderecords.net

Pam.


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Myspace & Antibiotics

5 November 2009 20:42 - admin - Music, Web

Trois jours au lit, avec 40°C de fièvre. Une expérience physique que je n’avais pas faite depuis longtemps.
Bonne excuse que ce virus, qui était certainement un vilain dérivé de la grippe A, pour consommer des antibiotiques puissants. Je les déteste. Mon estomac n’existe plus vraiment depuis le début du traitement, et lorsque je respire à plein poumons, il y a comme un odeur piquante et amère dans mon nez. Ce sont ces satanés antibiotiques.

La maladie a cela de bon que l’on distille le plus clair de son temps au lit. Je m’en serais bien passée, mais ces longues heures de désoeuvrement m’ont permis de geeker (assez faiblement) et d’étudier entre deux dolipranes l’état de myspace en novembre 2009 : une courte étude fiévreuse.

Voyant le compteur de mon player myspace flirter difficilement avec les 20 lectures par jour, je me rappelais avec nostalgie le bon vieux temps où je tournais à plus de 200 ou 300 lectures par jour sans actualité resplendissante, mais juste grâce à la force du réseau.
Je me souviens de 2006 et 2007 où tout le monde s’échangeait une adresse myspace, en toute circonstance; c’était comme une carte de visite. Groupes, débutants, vidéastes, étudiants, labels, assos, managers, filles, garçons…l’adresse myspace était à la fois “the place to be” pour un certain milieu professionnel et un haut lieu de drague plus classe que meetic. Myspace était totalement incontournable.

Aujourd’hui, cela à bien changé. La plateforme est totalement désertée. Certains réseaux d’amis dans la vraie vie qui se sont organisés sur myspace semblent résister et persistent à utiliser la plateforme pour communiquer (dans l’esprit des groupes yahoo), certains réseaux musicaux ne jurent encore que par cette plateforme, mais c’est anecdotique et à circuit fermé. L’entreprise essaie de renouveler son image, tant bien que mal, mais myspace n’est plus sexy, plus vraiment ouvert sur le monde et décline lentement.

Mais où tous ces gens sont-ils passés maintenant qu’ils ne sont plus sur mypace? Sur Facebook ou sur Twitter?

Sur facebook ce ne sont pas les mêmes, l’engouement est différent, un poil blasé.
Fraîchement inscrit, et après avoir mis à jour son statut frénétiquement toutes les minutes pendant une semaine, poké l’intégralité de ses copains, et huggé la terre entière, les utilisateurs sont passés à autre chose. Les plus timides et les plus largués essaient toujours de retrouver un ami d’enfance, les autres font de leur profil facebook un tabloïd vivant, scannent de vieilles photos de leur meilleur copain ivre mort, le tagguent, et ainsi règlent leurs comptes. Bien sûr, il y a aussi ceux qui utilisent le site à des fins pseudo-professionnelles, afin de communiquer des informations à leur réseau, comme une vaste mailing list.

Sur twitter ce ne sont pas les mêmes non plus. Twitter reste un système pour geeks, avec un langage, des codes particuliers. J’aime beaucoup twitter entre autre pour ces raisons, parce que je trouve que ce n’est pas complètement transparent. Plein de gens ne comprennent pas à quoi ça sert. Twitter offre une liberté de communication totale et infinie, demeure un médium assez obscur, je trouve que c’est assez étourdissant.

Mais alors, tous les myspaciens ont-ils vendu leur ordinateur? Se sont-ils exilés dans un pays qui nous est encore inconnu? Sont-il revenus, nostalgiques, à skyblog, afin de parfaire leur sens de l’orthographe sms?
Peut-être ont-ils tout simplement grandi, coupé leur mèche emo, et sans doute n’habitent-ils plus chez leurs parents. Peut-être même travaillent-ils désormais dans une entreprise et portent-ils des costards.
Hélas, il n’y a eu personne pour prendre la relève, et des milliers de profils myspace sont à l’abandon.

J’hésitais donc, en avalant une gorgée de sirop pour la toux, à griller mon compte myspace. Choix difficile.
C’est malgré tout devenu une vitrine pour les artistes; quoique poussiéreuse, elle est encore une sorte de réflexe. Au lieu de donner un cd, d’envoyer un mail, je donne encore l’adresse myspace aux intéressés. On peut écouter 4 titres, vite et bien, et finalement découvrir, quoique brièvement, mon univers. De quoi se faire une idée en somme. Même incomplète.

Alors même si il n’y a plus personne qui fréquente myspace, c’est la page artiste de site communautaire la plus réussie de l’histoire du web. Sur une seule page il y a tout : Image, Vidéo, Son, Blog, Calendrier.
De quoi voir, en un coup d’oeil à peine, où en est l’artiste en question.
Personne n’a fait mieux depuis.

http://www.myspace.com/pamelahute

Pam.


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Bobines et microphones

3 November 2009 16:20 - admin - Music, News, Tv

Il va bien falloir s’y habituer.
Les caméras.

Hier soir une équipe est venue nous filmer dans notre Hute-cave, là où nous répétons assidûment depuis 4 ans. On avait tout bien rangé pour l’occasion, j’avais sorti (une partie de) mes plus belles guitares et j’ai obligé le cameraman à faire quelques jolis gros plans. L’art avant toute chose.

La télévision semble souffrir elle aussi des conséquences du net. On la regarde moins, moins bien, et toutes les vulgaires tentatives des chaînes de populariser à l’extrême leurs mauvais programmes semblent assez vaines.
Malgré tout, ce media est inévitable, et il y a encore quelques rendez-vous que les gens ne manquent pas. Des émissions au concept fort qui ont fait leur réputation depuis des années. Et les téléspectateurs sont une cible unique, vaste, mélangée, variée. Incontournable en somme.

Avant, je trouvais que la radio était un medium extrêmement intimidant. C’est très difficile. Pourtant je connais ma voix, je n’ai pas peur d’un micro, toute la technologie radiophonique m’est familière. Mais il faut être rapide, vif, clair. Sans image, il ne peut pas y avoir de faux pas. L’auditeur imagine, il faut lui donner bien plus de matière qu’à la télévision, où l’image capte l’attention avant le contenu et le discours.
Depuis et après une bonne dizaine d’émissions ultra ratées, ennuyeuses, trop longues et sans fin, je me suis habituée. La réussite d’une émission de radio est évidemment en grande partie la responsabilité du journaliste qui a plus ou moins étudié sont sujet, qui rebondit vite, qui ne laisse pas l’invité dans le silence ou la réflexion trop longtemps, qui lui tire des vers du nez.

A la télévision, c’est presque pareil, surtout dans un programme où tout est centré sur le contenu, plutôt que sur la force des images. Finalement, c’est au journaliste que l’on s’adresse et non à la caméra. Et ça c’est très surmontable.
Mais je me demande vraiment comment on peut présenter le journal de 20h00.

C’était amusant de jouer et d’être filmé : le cadreur à 1 mm de mon nez, du micro, puis des touches du Moog d’Igor, l’objectif dans la cymbale de Lô. Mais c’est dur, où dois-je regarder exactement, que dois-je faire ? Et dans le feu de l’action, quelle angoisse.
Faut-il sur-jouer devant une caméra, être naturel? Autant de question auxquelles nous n’avons évidemment pas encore répondu.

Hier soir c’était notre première télévision de toute notre petite vie de rockstars en herbe.
Cela méritait bien un article sur ce blog.

La diffusion est prévue mi novembre sur France 2. J’éditerai en temps voulu cet article pour vous donner tous les détails.

edit :
LE 19 NOVEMBRE SUR FRANCE 2, ENVOYÉ SPÉCIAL À 20H30
http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=accueil

Pam.


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Forever grinder

24 October 2009 17:40 - admin - Music

En ce moment mon monde est mou. Pas de concerts, pas grand chose d’excitant à raconter. Je passe le temps à répéter (tout de même, parce qu’il ne faut pas croire que rien ne se prépare dans l’ombre), à essayer de comprendre le html et le css (peine perdue), à inventer des mots, et à écouter des disques. Ma collection de vinyles a doublé en 1 mois.

Hier soir j’ai découvert Grinderman. Je ne sais pas dans quelle mesure c’est totalement honteux de découvrir Grinderman avec deux ans de retard, mais je ne suis pas vraiment du genre avant-gardiste. Je suis plutôt du genre esprit d’escalier.

Pour faire court, Grinderman est un groupe de rock formé en 2006 par Nick Cave, Warren Ellis, Martyn P. Casey et Jim Sclavunos, tous membres formels des Bad Seeds. Le premier album est sorti en 2007, et aurait été salué par la critique. Je n’ai pas le souvenir d’en avoir beaucoup entendu parler en France, le groupe n’a d’ailleurs jamais tourné chez nous.
Décidément, notre pays est rockulturellement totalement à la traîne.

L’album est bruitiste et franc, vif et rugueux. Un vrai disque de rock. L’aura de Nick Cave, sa personnalité et sa voix, prennent toute leur dimension au milieu des expérimentations sonores & guitaristiques. Enregistré aux studios RAK à Londres, célèbre pour son matériel vintage et ses multipistes à bandes, l’album a une chaleur très particulière et très racée. Et les chansons sont saturées de consonnes qui claquent. C’est à mon sens l’essentiel.

Je suis enthousiaste et il paraît que le 2e opus arrive en 2010.
En attendant vous pouvez acheter cette petite merveille, et l’écouter très fort. Plutôt au réveil.


Pam.


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EPAULE TATTOO

22 October 2009 23:18 - admin - Music

Etienne Daho n’est pas vraiment un artiste comme les autres.

Moi je l’aime, depuis longtemps, et sans raison précise. C’est bien le seul survivant français des années 80, celui dont les titres s’écoutent encore sans frémir. Et ce malgré les réalisations déprimo-clinquantes caractéristiques de l’époque.
C’est sans doute parce que Daho est un érudit, sa discothèque est impressionnante. Et il a un goût irréprochable, il est plus pop que pop. Ses tubes lui ressemblent, s’inscrivent dans une époque, une génération, comme lui s’y inscrivait si naturellement quand il a commencé.
Il incarne depuis toujours une sincérité élégante et impertinente à la fois; un type qui porte nonchalamment une veste de costard bien coupée et un jean délavé. Et qui en fait l’accoutrement le plus classe de l’univers.

En 2010, Daho n’a rien perdu de sa fraîcheur.
je suis allée flâner sur son site, un peu par hasard. Je savais qu’il sortait un dvd live d’un concert et je voulais en savoir plus.
Quel horrible site web, sans doute bricolé par un stagiaire chez EMI. Le site aurait presque pu s’appeler desirdetienne.org.
Malgré tous ses défauts, la page à le mérite de proposer plusieurs extraits vidéo du dvd à paraître. Un belle réalisation semble-t-il, axée sur la musique et la qualité artistique d’un spectacle (mise en scène & lumières) qui n’a pas l’air trop grandiloquent.
Etienne Daho s’est entouré d’un groupe stylé qui revisite avec audace et bon goût les grands tubes. Alors il y a bien quelques jolies choristes et des violons, mais soyons honnêtes, c’est tellement mieux qu’un vieux requin de studio qui joue les parties de cordes au synthé.
Projet ambitieux et évidemment travaillé au centimètre près, ce concert semble un belle performance, avec un Daho radieux et heureux de se plonger à nouveaux dans ses morceaux et de les faire partager.

Une bonne nouvelle pour la pop en France, Etienne Daho n’est pas mort du tout.

Pam.


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How much air is AIR ?

22 October 2009 19:31 - admin - Music

Love 2, le dernier né des frenchies AIR, fascine. La presse s’extasie devant leur nouveau studio (il y a de quoi) et loue l’équilibre auquel ils seraient enfin parvenus, après avoir livré trop d’albums décevants. Mais la presse à ses raisons que l’auditeur moyen ignore.

Pour moi AIR a toujours été un groupe ennuyeux, une sorte de mélange incestueux entre la pop d’ascenseur et la lounge music, l’ensemble passés au filtre 70s, comme pour camoufler des influences honteuses.
C’est en partie dû aux voix sans âme qui gravitent dans de leurs titres; cette espèce de façon d’écrire des chansons no man’s land, où il n’y a rien, ni personne; une espèce de songwritting sans songwritter.
J’ai pourtant adoré Virgin Suicides qui est un vrai grand concept-album habité, et 10 000 Hz Legend où se croisent toutes sortent d’influences avant-gardistes. AIR a un vrai sens du son et de la réalisation, un culte des ambiances, un univers qui laisse rêveur et qui, une fois qu’on ose s’abandonner, emmène assez loin pour qu’on ne puisse plus vraiment continuer son existence musicale sans admettre que ce groupe est fondamental.

Love 2 et son titre faussement kitsch-geek-raté est un peu un patchwork, qui rappelle à la fois les mièvreries de Sexy Boy et parfois seulement les hauteurs de Virgin Suicides. La réalisation cependant est à son paroxysme, le son est parfait, et les arrangements dialoguent finement entre eux. N’était-ce pas la moindre des choses, avec un si beau studio ?
Ennuyeux donc, que cet opus téléphoné de AIR : pas vraiment inspiré, et qui ressasse un peu toujours les mêmes formules alors qu’on attendrait davantage d’expérimentations d’un groupe qui n’a plus de compte à rendre.

A écouter parce que ça fait longtemps que vous n’avez rien écouté d’eux (avouez-le). Mais ne culpabilisez pas si l’album vous ennuie. C’est la vie.

Pam.


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Les Beatles : le nouveau mastering

22 October 2009 0:26 - admin - Music

Toute la presse en parle, l’écho marketing de cette opération remastering deluxe des Beatles a été un franc succès : qui n’est pas au courant? J’ai enfin pris le temps d’écouter ces versions remasterisées, pour à mon tour me faire une idée.
Je préfère les vinyles. Un snobisme assumé à force de me bousiller les oreilles avec du mp3 mal encodé dans les années 90. Les fastidieuses séances de mixage ont aussi habitué mon oreille à des nuances dont je ne peux plus me séparer.
J’aime la dynamique.

Ces nouveaux Beatles sont très bien habillés, et c’est un réel plaisir de les redécouvrir rajeunis. J’ai aimé, j’avoue. Flatteur, élégant, équilibré, c’est un beau travail. On les redécouvre presque : des nuances, des sons, des voix. Mais c’est un peu plat. En partie à cause de la stereo qui nous ferait presque croire que les Beatles sont encore vivants, américains et habitent à Los Angeles.

Bref, cela ne me fait pas frissonner comme Sgt Peppers en mono sur ma platine, très fort. Les murs ne vibrent pas pareil. Mais c’est un coffret luxueux et convainquant pour tous ceux qui avaient oublié combien ce groupe est le plus grand groupe du monde.

Pam.


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Le divan de Bidibule

21 October 2009 15:55 - admin - Books, Music

Bidibule m’a très courtoisement  invité sur son canapé pour une interview.
Il est question de mille choses et pour une fois je n’ai pas été avare de paroles.
C’est à lire et à commenter par ici :

http://bidibulemusic.blogspot.com/2009/10/pamela-hute-le-fonctionnement-de.html
http://bidibulemusic.blogspot.com/2009/10/pamela-hute-le-fonctionnement-de.html
Je vous encourage par la même occasion à aller redécouvrir son univers délicieux qui, décidément, ne prend pas une ride.

Pam.

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