Sous influence

Lire des douzaines de critiques de l’album, parcourir les blogs d’inconnus parce que Google m’a envoyé une alerte, recevoir des mails d’encouragement, et petit à petit arriver à esquisser ce que les gens trouvent dans ma musique, ce qu’ils y entendent, et pourquoi ils aiment ou n’aiment pas.

Ce qui est véritablement amusant, c’est de constater comment il faut toujours rattacher un artiste à ses influences, à sa famille musicale, le comparer.
Evidemment naturel mais souvent troublant.
Je suis très souvent associée à des artistes ou groupes qui me font me hérisser les poils de dégoût. Garbage ou No Doubt. Si il y a deux groupes des 90s aux travers desquels je suis passée (en prenant mes jambes à mon cou), c’est bien ceux-là.
L’electro-pop mieleuse de Garbage, et le ska-punk-variété-baggy de No Doubt… où diable peut-on les entendre dans Turtle Tales from Overseas?
Les filles sans doute. Il y a des filles qui chantent. Et finalement il n’y a pas tant de rockeuses dans le paysage, même si on remonte loin dans le temps.
Il y a aussi PJ Harvey qui apparaît parfois. Impossible de râler cette fois, car Polly est une grande artiste qui a en son temps remis les pendules à l’heure. Mais sa rage et son rock brut de décoffrage n’a rien à voir avec moi, évidemment.
Peut-être une intention commune, vaguement, à l’origine ?

Il y a les plus pointus, qui parlent de Kim Deal (Breeders) ou Justine Frischmann (Elastica), voire Louise Wener (Sleeper). Dans le mille. Pas tellement parce que j’en ai fait une indigestion quand j’étais adolescente, j’ai deux Breeders à la maison et un Elastica dans ma discothèque. Mais ces groupes avec fille cristallisent une époque qui m’a beaucoup marquée, c’est certain. Des filles decomplexées qui montent des groupes comme les types et qui écrivent des chansons pop presque aussi bien, avec une énergie intacte, soutenue par des guitares qui hurlent de façon somme toute assez crédible. Pas mal.
Je ne me suis jamais vraiment posée ces questions quand j’avais 15 ans. Je n’aimais pas trop les filles. Car comme tout adolescent qui se respecte j’avais un mépris infini pour la pudeur, et chez les filles à guitare il y avait plus de pudeur que chez les garçons. Aujourd’hui je m’en fiche pas mal, et dans ce monde où l’on sait tout sur son voisin à coup de statuts facebook, j’aurais tendance au contraire à ériger la pudeur comme valeur absolue.

Il y a aussi ceux qui parlent des garçons. Brian Molko très souvent. Je l’aime bien, il assure. Son mal être originel s’est transformé en une science de mélodiste indiscutable. Après il y a l’univers esthétique, la prod, le registre. Très peu pour moi. Mais il y a un style, une personalité. Et c’est en partie ce qui m’intéresse dans la musique; l’expression de la subjectivité.

Le point clé sont les années 90s. Les powerchords. La voix de fille. Parfois on lorgne un peu du côté des 80s, avec Igor et ses synthés tous droits sortis d’un imaginaire new wave sombre à mèche. Ernest a beau travailler assidûment sur sa banane, personne n’a encore evoqué le rockabilly.
Ainsi, à un univers que l’on essaie de construire se substitue les restes d’une époque qui vient titiller les sensibilités des uns et des autres, un son qui en rappelle un autre par un système étrange de correspondances, et toujours, le pouvoir de la mémoire.
Serait-ce sa propre adolescence musicale que l’on viendrait chercher à l’infini en écoutant de nouveaux disques ? Un peu sans doute.

Lors de notre concert à la Boule Noire en mai dernier, un grand type chauve, qui avaient tout au long du concert illuminé le lieu de son sourire extatique, était allé voir Ernest à la fin du set pour lui dire : “C’était formidable, cela me rappelle Garbage, j’adorais tellement ce groupe, je suis tellement content d’avoir retrouvé les mêmes sensations”.

A méditer. Avec un petit sourire en coin.

Magical

Un peu plus d’une semaine déjà que l’album est dans les bacs, en vrai.

Je ne parviens pas vraiment à m’empêcher d’aller errer tous les 2-3 jours à la Fnac, discrètement et rapidement, juste histoire de voir si le disque est bien mis en avant, si les gens s’arrêtent, le regardent, l’écoutent, et l’achètent. Mais je ne tiens pas bien longtemps, je me sens vite complètement ridicule. Juste un coup d’oeil, le temps de voir que le vinyle est arrivé à la Fnac, et qu’il dépasse des bacs à St Lazare. Et vite aller se cacher dans le rayon musiques du monde.
Après cette activité hautement sportive, je me détends en achetant les disques des autres, à défaut de voir des inconnus acheter le mien : 1983 de Sophie Hunger, le DVD de Blur à Hyde Park et des White Stripes au Canada, Le dernier Hey Hey My My. Tous superbes.

Tous ces artistes dont je croise la promo, qui ont fait les mêmes émissions, qui ont rencontré les mêmes journalistes à un ou deux jour près, c’est marrant.
Bobby Bazini, par exemple, on s’est suivi partout, Taratata, Deezer, iTunes, MusicMe. C’est un peu devenu un copain du coup. Je m’imagine le croiser lors d’un festival dans quelques mois, et lui dire “Hey Bobby, tu te souviens quand on était tous les deux en home de Deezer”.
N’importe quoi.

Il y a aussi eu la messe de Taratata : sagement assise devant une télé, à siroter un bon Bordeaux tout en regardant, impatiente, la prestation de Charlie Winston & Luke.
Un joli Taratata; un peu froid à cause de mon goût affirmé pour l’Hitchcockisme, mais joli malgré tout. Les sms, les parents, et l’enregistreur qui a déconné. Le générique de fin aussi. Et puis le re-regarder sur le net quelques heures plus tard, toute seule. Et se dire que ça fait tout bizarre d’avoir sa page artiste sur le site de Taratata : un rêve de gosse.
(Pour revoir le Taratata, rendez-vous ici : http://www.mytaratata.com/Pages/ARTISTES_Fiche.aspx?ArtistId=1629)

Il y a aussi eu la Boule Noire, Sold out.
Un Sold Out de débutant, mais un sold out quand même. Un joli concert, l’impression qu’il y avait un public naissant juste pour nous, des gens qui avaient écouté le disque, et qui venaient se le prendre très fort dans les oreilles en live. Un sentiment très nouveau.

Et le lendemain, le pompon, auquel personne ne s’attendait. La une de métro; enfin presque, juste derrière Sarko. Re-déferlante de sms et autres messages : “je prenais mon café ce matin en allant au boulot, et j’ai vu ta tête dans Metro blabla !”
Il y a toutes les vagues connaissances qui grâce au pouvoir de la télévision, et l’efficacité des réseaux sociaux m’envoient des messages pour me rappeler leurs souvenirs d’enfance ou d’adolescence, combien à l’époque déjà j’avais la musique dans le sang et qu’ils étaient persuadés que j’allais réussir.

Bof.

C’est amusant; ce passage de la sphère privée à la sphère publique, en une semaine, juste parce que le disque est sorti. Alors qu’en réalité, rien n’a changé.

Cette aventure est grisante, et je savais bien qu’elle le serait. Même si ce n’est que le tout début, il y a malgré tout un cap passé, une marche franchie, quelque chose. Peut-être est-ce tout simplement le fait de sortir son premier album, et par la magie des médias, de se retrouver dans la cour des grands.

Les mots clefs : la magie des médias.

Photobucket

MY TARATATA

Jeudi dernier j’ai enregistré mon premier Taratata.
Le premier, parce qu’évidemment, je compte en refaire d’autres. Vous pensez-bien.

J’ai aimé;
c’était court, agréable, certainement imparfait et un peu flou;
intimidant et grisant à la fois.

J’avais peur des caméras, de les sentir braquées sur moi. Elles étaient très discrètes.
J’avais peur de Nagui et de ses questions. Il avait un regard franc et rassurant.
J’avais peur de mon rythme cardiaque. Il était en effet très élevé.
J’avais peur que ma guitare soit désaccordée. A priori c’était convenable.
En vérité, j’avais peur d’assez peu de choses. Mais ces détails se sont accumulés et ont fini par fabriquer une solide angoisse qui m’a accompagnée pendant toute la semaine précédant le jour J.

La journée a été longue.
Comme sur le tournage d’un film, il faut attendre. Les artistes enchainent les répétitions et balances jusqu’à 20h30 où l’émission a commencé dans les conditions du direct. Deux émissions étaient tournées dans la soirée, nous étions programmés dans la seconde.

Nous sommes arrivés vers 13h00 pour les balances. Découverte du plateau. Tout s’est bien passé; mise en place ultra rapide, aidés par le staff puis plusieurs répétitions du titre, pour le son, les lumières, les caméras, et pour nous-même.
Je me suis sentie submergée par un je-ne-sais quoi très joli, mais très paralysant aussi. Les pieds sur le parquet. Waouh.

L’organisation est impressionnante. La synchronisation, le staff, la multitude d’êtres humains qu’il faut pour faire fonctionner un plateau de ce genre : une vraie petite ville.
Nagui est venu se présenter à la fin de notre balance.
Lunaire.
Et oui, je suis bien là, sur le plateau de Taratata.
Je vais aller boire un thé, tiens.

La suite de la journée était assez calme, beaucoup d’attente, et beaucoup de riens. Un peu de maquillage, des discussions, le My Taratata qui permet de dire un bon nombre de bêtises devant une caméra dans une grande caisse en papier mâché, et une faim insoutenable. Le catering est excellent, nous nous sommes jetés dessus à peine était-il ouvert.
Honteux.

20h00.
La première émission a fini par commencer. Je sentais cette étrange effervescence, un peu comme avant un concert. Le public était placé, tout le monde s’affairait, les artistes attendaient leur tour.
Depuis les loges on entendait le son de la salle, le murmure. Il était à peine audible, mais assez pour faire battre mon coeur plus vite qu’à l’accoutumé.

Il y a eu pas mal de cigarettes fumées, un petit footing improvisé à l’extérieur du studio 30 minutes avant notre passage, l’incapacité de boire quoique ce soit de peur de manquer quelque chose d’essentiel, de ne pas savourer assez.
Et puis le moment est venu, vers 23h00 (?). Une jeune fille nous a guidé jusqu’au plateau. Il a fallu attendre quelques instants que l’on nous fasse signe de s’installer pendant que l’artiste précédent était en interview. Ernest et Igor ont pu se placer assez vite. Quant à moi, j’ai attendu derrière les caméras, personne ne me disait d’aller m’installer. Ce moment a duré une éternité. J’attendais, encore et encore, cherchant quelqu’un du regard, pour m’aider, me dire quoi faire, et l’interview se terminait. J’étais abandonnée.
Mais personne ne m’avait oublié, et il a bien fallu y aller devant ce micro, si loin de mes camarades.

A peine le temps de vérifier deux trois choses (ma guitare est bien branchée, le jack, l’ampli, le micro, mes cheveux, mon mediator), Igor a lancé la séquence, le public tapait dans les mains, et c’était parti.
Je n’en ai presque aucun souvenir.
Après il y a eu l’interview, le duo, et encore une interview. J’avais la bouche sèche comme le désert du Sahara.
Le plus doux, c’était le final, quand tout le monde s’est retrouvé sur le plateau pour le générique de fin. Je pouvais sentir dans l’air la détente, le plaisir de la pression qui s’en va, doucement. Et l’envie très immature de boire des coupes de champagne toute la nuit.
Il n’en fut rien, et la nuit qui a suivi était presque paisible.
Reste encore l’appréhension du résultat. C’était bien, c’était médiocre? Les souvenirs qui se bousculent, les sensations, les regrets, l’interview que je me suis reformulée mille fois dans ma tête. Les maladresses?

Taratata, c’était bien.
C’était très bien.

Et comme la vie n’était pas assez belle, le label m’a appelé vendredi pour me dire que le vinyle de l’album était arrivé.

(Merci à Sarah Bastin pour les superbes clichés-souvenirs de cette journée dont je ne publie qu’une infime partie sur ce blog)

Cheese & Promotion

La Suisse, la promo, les interviews et les grands hôtels, c’était bien.

Lever bien trop tôt, direction Gare de Lyon à Paris, 3 heures et demi de TGV, puis arrivée dans le coton à Genève. Je suis accueillie par la représentante de Disque Office, mon distributeur : course vers le Royal Manotel où commencent les festivités.

Royal Manotel : 11h00, le temps d’avaler un thé, le énième. J’ai l’impression qu’il est déjà 17h00. Premier interview, agréablement calée dans un fauteuil trop confortable, je me serais bien endormie.
Deuxième interview vers 12:00 où l’on parle de soul, de stax et de tabac anglais.

Assez bavassé, l’heure est venue de se sustenter. Un plat de pâtes (mon dieu que j’aime les pâtes) chez l’Italien en face de l’hôtel. Puis une heure de voiture pour rejoindre Lausanne. Je m’effondre lamentablement sur la banquette arrière et m’endors profondément. Il parait que c’est normal, tout le monde dort entre Genève et Lausanne, après le déjeuner.

Check-in à l’hôtel. Guitare sur le dos et ma valise qui ressemble à un aspirateur. Look assez raté. Le temps de monter dans la chambre, de boire un verre d’eau et de constater qu’il y a des flyers un peu partout de notre prochain concert à Lausanne, il est 14h00 et il y a un journaliste de 20 minutes qui m’attend. Première interview, le type n’enregistre pas, il prend des notes dans un grand cahier à spirales, et organise ses notes via un système ingénieux de mots-clefs. Je suis relativement fascinée.
Le second journaliste enregistre notre entretien avec un iPhone, et je pense, vu le bruit ambiant, qu’il n’entendra rien une fois rentré chez lui. En plus j’ai la manie de mettre ma main devant ma bouche quand je parle, une sorte de tic imbécile dont il faut que je me débarasse au plus vite.

15h30 : RSR – Radio Suisse Romande. Ma seconde maison. Je connais les studios presque par coeur. Une sorte de Radio France en plus petit. J’adore l’ambiance des studios de radio. C’est paisible, feutré, silencieux, et j’ai toujours l’impression de pénétrer un univers à l’écart du monde réel. Une bulle tapissée de moquette, et à l’intérieur de laquelle il y aurait plein de microphones. Un petit paradis en somme.

Premier interview pour Couleur 3, enregistré. L’animateur est un grand black qui boit du vin blanc. Il a beaucoup de talent. On parle de tout et il parvient toujours à de fines analyses; c’est très bien mené. La demi heure paraît durer une seconde.

Je file ensuite à Radio Paradiso dans les même locaux pour une interview avec Gerard Suter. Je le connais un peu, on a joué live électrique pour lui en octobre dernier et nous partageons une passion commune pour les vieilles guitares.
C’est du direct cette fois, et l’interview durera une demi heure. Je somnole en attendant mon tour, vautrée dans un fauteuil à la porte des studios, tout en écoutant le bruit mécanique du robot qui se charge de graver méthodiquement sur cd le flux radio de Paradiso, sans arrêt, en temps réel. Futuriste.

L’interview est difficile, comme toujours avec Gerard Suter. De vraies questions, compliquées et incisives. Et surtout, étonnant, Gerard Suter n’a pas peur du silence. A la radio, c’est rare. J’aime beaucoup le rapport au temps qu’il instaure dans l’entretien.

La journée touche à sa fin. Ultime bavardage pour une webtv, en anglais cette fois. C’est mon baptême du feu, j’assure assez mal, je suis fatiguée. Le Canon qui filme en HD et qui me scrute consciencieusement semble pourtant en faire son affaire. En 20 minutes c’est terminé et non, je ne chanterai pas acapella.

Je rentre à l’hôtel, il est déjà presque 20h00. J’ai vendu deux lots de vinyles sur ebay, et gagné un Beatles original mono pressage US à un prix défiant toute concurrence. Même si je n’ai pas eu le temps de faire une sieste, c’était une bonne journée. Cela dit, la perspective de me lever à 8h00 le lendemain afin d’attraper un train pour Zürich me tétanise.
La soirée est douce, un restaurant thaï divin, une bouteille de vin, il est déjà 22h00. La télévision de la chambre crache ses programmes débiles-réalité de deuxième partie de soirée, et l’esprit pollué par tant d’imbécilités, je m’endors, bien trop tard.

Zürich, 12h00.
Le representant de Disque Office en suisse allemande est à la gare. Le programme est également chargé. Check-in à l’hôtel, déjeuner italien (encore des pâtes, j’ai sans aucun doute une maladie – j’avais pourtant le choix), un café qui ne me fait aucun effet, et direction la radio. Magnifique studios de la DRS, équivalent de la RSR en Suisse allemande. On sent un chouette dynamisme, les animateurs sont jeunes et amicaux. Première émission, tout est en anglais, sur fond d’eau gazeuse (les Suisses allemands ont une passion pour l’eau gazeuse). Igor est avec moi, et nous jouons trois titres en acoustique.
Je fais une centaine de jingle du type “Hello, it’s Pamela Hute on DRS Virus, I’m going to play a song for you called Don’t Help Me”. L’ambiance est zen, le studio tout blanc, comme une chambre d’hopîtal et l’intégralité des micros sont des Neumann U87. Classe.
C’est enregistré, le son est bon, les questions sont variées et je pratique mon anglais. Idéal.


Deuxième radio, Radio 105. Locaux encore plus classieux et flambants neufs; c’est une radio privée. Interview en français cette fois, avec un animateur fort sympathique et très grand. Igor n’a pas les bons cables et ne peut pas brancher son clavier, je fais donc le titre Don’t Help Me toute seule après avoir répondu à une floppée de questions.

Heureusement, tous les points de rendez-vous sont à cinq minutes les uns des autres. L’enregistrement achevé, retour au quartier génral de Disque Office. Le temps de boire un jus d’orange, fumer une cigarette, s’ennuyer un peu, et le journaliste arrive. Interview en anglais pour une radio, enregistré sur une lecteur mp3 fabriqué en chine. Expedié en 15 minutes. Second jus d’orange. Il est 16h30 et il y a encore une dernière interview à l’hôtel avec deux jeunes journalistes qui travaillent en freelance pour le magazine TREND. Ce sont deux frères, l’un me questionne et l’autre prend des clichés, au flash. Je négocie vaillamment une petite heure de repos avant d’aller festoyer sur les hauteurs de Zürich en leur compagnie.

La journée s’achève dans un superbe restaurant d’où il y a une vue imprenable de la ville. Magnifique. Je regrette d’avoir encore mangé des pâtes ce soir-là (!), alors que le cordon bleu fait maison avait l’air assez exceptionnel. A 23h00 je m’effondre, et je dors mal.
Le retour sur Paris le lendemain est long. 4h30 environ. Ces deux jours étaient extenuants.

Que va-t-il se passer si je vends des millions de disques? Aurais-je le temps de dormir davantage?

Vaste questionnement.

Il neige sur cette nouvelle année

Lhasa de Sela s’est éteinte à 37 ans, à Montréal, sous la neige, alors que l’année 2010 commençait à peine.

C’était une artiste Tôt ou Tard, et elle ornait élégamment, avec tout son talent et sa beauté, le catalogue select du label. Je l’ai découverte en 1997 quand est sorti la Llorona, album superbe, que j’ai beaucoup écouté. Je scrutais les moindres inflexions de sa voix habitée, et j’aimais l’expression si forte de sa personnalité. L’originalité des titres, du son, et l’univers unique de cette Llorona avaient les allures d’un grand classique.

J’écoute peu de femmes qui chantent, mais sa voix dense m’avait étrangement marquée.
Sa disparition, si foudroyante, me fait un drôle d’effet.

Pourtant 2010 ne s’annonçait pas si mal.
Juste avant de partir m’isoler dans le sud de la France pour écrire de nouvelles chansons, jouer de la batterie très fort, boire du Pessac-Léognan et rêver à mon futur, j’étais passée chez Tôt ou Tard / Guess What qui avait reçu deux uniques exemplaires de l’album définitif. Noël avant l’heure. Ce petit objet imbécile que j’ai tant rêvé. Ce premier album, sa pochette, son livret, ses photos, son code barre (!).
Tous les détails les plus insignifiants sont la cause d’une infinie fierté. Cet album qui a déjà eu plusieurs minuscules vies, une histoire, et qui a failli se perdre sur d’autres chemins.

Mon premier album.

C’est celui-là même, qui sort le 22 février 2010 en Suisse, dans les bacs. Avant tout le monde.

Tandis que les albums ont la vie dure, que le format est méprisé, questionné, balloté, alors que certains ne veulent plus même en entendre parler, quel moment plus symbolique et fondateur pour un artiste que la sortie de son premier album?
Avec évidemment toute l’appréhension que cela suppose, les inconnues, cette angoisse excitante mêlée à l’impatience.

Envie que tout le monde sache, écoute, aime.
Envie de vous faire découvrir ces chansons, toutes ces chansons, mes chansons.

Alors que le monde pleure une artiste immense disparue, alors que même facebook et twitter semblent silencieux et moroses, alors qu’il neige dans mon coeur comme il neige sur le web 2.0, j’ai malgré tout violemment envie que 2010 m’appartienne.
Comme si j’avais 20 ans.

Pam.

LE BATACLAN, JEUDI 3 DECEMBRE, 7:30 PM

Hier soir, à 19h29 précises, nous étions tous les trois, Igor, Ernest et moi-même, agglutinés à droite de la scène du Bataclan, la peur au ventre.
Une minute plus tard, nous foulions les planches de cette salle incroyable pour délivrer un set de 30 minutes à un public inconnu.

Nous étions en première partie des Shaka Ponk, qui envoient un show énorme en béton armé.
Et nous trois avec notre matos vintage déglingué qui risque de nous planter à tout moment. Et nos allures de freaks. Pauvre public… Avant le concert, dans la queue, des jeunes discutaient : ” Euh y’a une nana qui joue avant eux, ça s’appelle Pamela Hute, je pense qu’elle a des gros seins”…
Personne ne savait à quoi s’attendre, peu de gens nous connaissait.
En fait, c’était sans doute un luxe de balancer les chansons comme ça, sans a priori, sans complexe.

C’est étrange comme la scène est un espace déconnecté du monde. C’est difficile pour moi d’y ressentir les mêmes choses que dans la vraie vie. Il y a quelque chose dans l’air qui est unique, un murmure si particulier qui accompagne ces grandes salles lorsqu’elles sont pleines. Ce petit grondement retenu, qui appelle, et qui ne demande qu’à exploser à la fin des morceaux, pour manifester son enthousiasme.

Hier il y avait cet enthousiasme là, celui que l’on cherche partout quand on monte sur scène. Et pourtant l’immense majorité des gens n’étaient pas venus pour nous.

C’était grisant, et je ne troquerai cette étrange ivresse pour rien au monde.

Pam.

Envoyé Spécial

Le reportage a été diffusé, jeudi dernier en première partie de soirée, sur France 2.
C’était ma première apparition sur le petit écran, et évidemment, j’appréhendais : le montage d’une part, et le résultat, la crédibilité, ma tête, mes propos etc.

C’était bien. J’ai parlé plus de deux heures au total avec le journaliste qui me submergeait de questions. Il en reste à peine quelques minutes. C’est la télé. Ce media que je croyais en déclin, offre pourtant une visibilité étonnante. Les compteurs ont explosé. Ils continuent d’exploser.

Je me suis bien évidemment retrouvée au centre du houleux débat des pro-hadopistes et des contre-hadopistes. Je l’ai certainement un peu cherché, et cette grosse exposition médiatique devait évidemment faire surgir des animosités.
Tout cela malgré moi, car je n’ai pas particulièrement envie de débattre sur le sujet qui mène inévitablement à une impasse. Pour moi, cette loi a le mérite de proposer quelque chose, qui ne réglera sans doute pas tout, mais qui permettra d’encadrer une dérive et encouragera les internautes à prendre conscience d’un problème, à les responsabiliser. L’offre légale existe, elle est imparfaite, mais elle existe, il faut lui faire confiance et la développer, l’améliorer, et l’adapter à la demande.

A cette prise de position assez souple et somme toute peu revendicative, il y a nombre de détracteurs qui continuent de défendre un internet libre, paradis de la culture et du partage.
Internet est un medium formidable, mais qui souffre aujourd’hui de son immensité et de sa position de no-laws-land.
Internet est devenu un sur-medium, une instance qui surpasserait étrangement toutes les autres.
Je ne comprends pas bien ce statut, surtout lorsqu’il s’agit de culture. Internet n’est pas un véritable lieu de culture, comme peuvent l’être une bibliothèque, un musée, ou une salle de spectacle. C’est une immensité virtuelle, où tout existe, le pire et le meilleur (quoique ce dernier étant souvent plus difficile à trouver). C’est à chaque individu de faire ses choix. L’excès de données et d’informations disponibles sur internet oblige au discernement, mais beaucoup se contentent de prendre ce qui est disponible; boulimiques et écœurés de leurs 8 disques durs remplis de mp3, ils s’en remettent alors aux acteurs de la musique et les accusent d’être responsables du déclin de la qualité des produits culturels.

Il y a autre chose que j’ai constaté suite à cette intervention télévisée. Les problématiques des artistes et des acteurs du métiers de la musique sont très mal connues des internautes.
Beaucoup consomment de la musique et prétendent avoir fait des découvertes grâce au téléchargement. Cela continue de m’étonner, car une découverte implique que l’on est plus ou moins passif, comme lorsqu’on écoute la radio, alors que lorsque l’on télécharge on est évidemment actif, puisque l’on fait cette démarche de télécharger un contenu qui nous intéresse. Difficile pour moi d’imaginer la découverte et la part de hasard là-dedans, mais sans doute me trompé-je.

L’artiste est considéré comme une sorte d’archange décérébré, vivant d’amour et d’eau fraîche dans un monde sans contrainte qui ressemble étrangement au paradis. Aussi, quand il prend la parole, c’est extrêmement gênant, et si il exprime clairement une opinion, c’est pire encore. Enfin, si il ose parler d’argent, il a évidemment vendu son âme au diable. Mais un diable un peu différent de celui du rock and roll, sinon c’est incohérent, bien-sûr.

Les producteurs sont tous de méchants gros messieurs avec des cigares qui exploitent les artistes naïfs (et décérébrés) et qui veulent faire durer un modèle économique en déclin pour continuer de payer leur chauffeur et leurs divers excès, qui s’accrochent désespérément au CD comme l’unique moyen de remplir leur coffre fort de billets, au détriment des angelots-artistes toujours décérébrés, évidemment.

En résumant, et en se projetant dans le futur, on obtient quelque chose du genre :

A l’artiste donc d’enregistrer son disque dans sa salle de bain avec un sm58 et tout son talent, à lui de le mixer avec cubase (cracké?) sur son PC à 500 euros, à lui ensuite de diffuser massivement ses mp3 sur le net pour se faire connaître et faire monter le buzz (!). Il faut aussi qu’il garde espoir assez longtemps, et qu’il soit totalement passionné et dédié à son art. Si il peut se contenter d’un repas par jour, bien sûr c’est mieux. Il est possible qu’il n’ai pas vraiment le choix, sauf si il prend un job à côté, ce qui est une bonne solution et certainement ce que feront tous les artistes dans un futur proche.

En parallèle, il doit se produire sur scène (tout seul? ou avec son ordinateur), mais sans musiciens parce que cela coûte cher, ou alors avec des gens qui jouent juste pour le plaisir et qui ne souhaitent pas être payés (cela pourra être des gens rencontrés sur le lieu de travail de l’artiste), il gravera au préalable des disques avec son cher pc, imprimera une pochette avec son sang en guise d’encre rouge (le rouge c’est assez voyant et très vendeur), et vendra son disque 5 euros (ou moins si possible) à la sortie des concerts.
Encore faut-il qu’il y ai du monde aux concerts, mais le buzz sur internet aura évidemment aidé à la reconnaissance de l’artiste et les rades pourris seront pleins d’admirateurs transis, avides de culture, et prêts à acheter le cd de l’artiste, pour son seul bénéfice.

On peut difficilement rêver mieux.

L’artiste est donc désormais totalement autonome, grâce à la technologie actuelle, aux outils de communication qu’offre internet. Il n’a besoin de personne pour se faire connaître du grand public. Il n’a surtout pas besoin d’un producteur pour financer son projet (qui on l’a vu ne coûte rien, au profit de la créativité et de la qualité), et pour l’aider à toucher les medias, pour se développer, lui donner des conseils, le faire progresser. L’artiste est totalement affranchi de ces contraintes. Il n’a plus besoin d’intermédiaire.

Sa passion aveugle et sa débilité sont sa force, dans un monde où les habitudes de consommation ont profondément changé.

N’est-ce pas formidable?

Pam.

First Award

C’était lundi soir, à l’Alhambra à Paris.

Cette année, pour la première fois, a lieu un salon entièrement dédié aux indépendants (à débattre), tous acteurs confondus. Le salon s’appelle TIME, et se déroule à l’espace Kiron, ce week end.
Pour inaugurer cette première et cette jolie initiative, les responsables du salon ont organisé une remise de prix, après avoir nominé un certain nombre d’artistes, dans un certain nombre de catégories. On ne sait pas bien qui était le jury, qui a décidé de quoi, et comment, ni pourquoi, mais j’ai reçu un mail il y a quelques semaines pour m’annoncer que Pamela Hute était nominée dans la catégorie Découverte 2009 aux côtés de The Rodeo, Zak Laughed, Paco Volume & Ladylike Dragons.

Alors je me suis mêlée à la foule, pour voir.
C’était bien, rapide, efficace, ponctué de chouettes lives (Jil is Lucky, Paco Volume), bien mené et inattendu surtout. Parce que nous avons gagné !
C’est mon premier prix.
Il a fallu monter sur scène, attraper un micro sans fil (je déteste les micros sans fil), et parler vaguement devant une assemblée assez blasée, remercier tout le monde. Mais qui? C’était marrant. Et c’est ce charmant Kemar de No One Is Innocent qui nous a remis le prix. Idéal.
J’ai désormais une sorte de micro trophée en verre et en forme de mediator, qui orne une étagère du studio où nous répétons.
Ça ne sert à rien, mais c’est chouette quand même, non?

Pour voir tous les prix décernés : http://www.lesvraisindependants.net/resultats-des-time-awards-2009/

Pam.



Photo Pierre-jean G.
www.pierre-jean.net

Compilations

Dans la lignée de l‘interview-fleuve-canapé de Bidibule voici une nouvelle série de questions-réponses pour le site owni.fr.

Les questions du web se répètent. Que penses-tu d’Hadopi, des labels participatifs, du streaming etc.
A quelques jours de la diffusion de l’enquête d’Envoyé Spécial à laquelle j’ai participé, le débat ne s’apaise pas. En 2009, où en sommes nous? Le piratage, la production, le live, les artistes, les internautes… Tout se mélange, et il ne reste que l’image floue d’un vaste marasme dont personne ne sait comment se sortir.

Bizarrement, je n’arrive pas à m’inquiéter. Peut-être parce que je fais partie des artistes qui sont sur le bon chemin, qui ont eu la chance de rencontrer les bonnes personnes. Mais si le marché s’effondre, qu’y puis-je ? Quel est mon rôle en tant qu’artiste ? Je constate bêtement et comme tout le monde la fin d’une ère. Et nostalgique, d’une époque que je n’ai même pas connue, j’erre chez les disquaires qui résistent et bave frénétiquement devant un vinyle original de Bowie, à 100 euros.

Le mois passé j’ai fait un gros tri dans mes cds, j’en ai balancé une bonne centaine. Des groupes moches que j’écoutais ado, et dont j’avais acheté les albums avec la carte fnac de mon père. J’ai tout jeté. Je regardais ce grand sac plein de boitiers sans aucun regret, avec soulagement presque.
Le cd n’est pas un objet, c’est un ratage. Il est trop multiple, il n’a aucune particularité. On en trouve dans les boîtes de Kellogg’s, ou par paquets de 500 à Montgallet. On peut en graver chez soi. Il est évidemment amené à disparaître, il n’a aucune valeur.

En rangeant et en contemplant ces morceaux de plastiques inertes, je me suis souvenue de la révolution Napster. A l’époque, et déjà nerd avant l’heure, je dépensais l’intégralité de mon argent de poche en photocopies couleurs. Des copains me prêtaient des cds, que je gravais (en 4x !) et je photocopiais la pochette pour que ma copie ressemble vaguement à quelque chose de proche de l’original. Cela me prenait un temps fou mais le résultat était excellent.
Et puis arriva Napster. L’intégralité de la musique, comme ça, en cliquant. J’ai abandonné la photocopie, évidemment.
J’avais beau mettre 5 heures à télécharger un mp3 avec mon modem 28.8 et bien je ne me décourageais pas. La compression était absolument dramatique, on n’entendait quasiment rien. Un poil mieux que du streaming, mais en fait, à peine. Les codecs étaient très mauvais au début du mp3. Mais peu m’importait, je gravais tout cela sur cd et je me faisais des compilations d’enfer avec un son immonde. C’était un chouette sentiment de liberté: le monde et la musique étaient à moi, derrière mon écran d’ordinateur.

Mon goût pour la musique a fait que je n’ai pas pour autant arrêté d’acheter des albums, et à vrai dire je ne suis pas du tout représentative du commun des mortels. Je suis du genre à télécharger un album illégalement, l’écouter, puis si j’aime je l’achète sur iTunes et souvent aussi en cd ou alors en collector vinyle. Si je n’aime pas, j’efface de mon disque dur parce que je n’ai pas la collectionnite des fichiers informatiques, du tout. Je me sers des mp3 comme borne d’écoute à domicile.

Je me suis souvenue aussi que dans les années 2000 tout le monde ne parlait que de numériser sa discothèque. Adieu les cds, tout dans un disque dur, sur un ordi, branché dans l’ampli. C’est un vrai boulot que de numériser ses cds, c’est fastidieux. Souvent c’était juste pour gagner de la place et passer pour un mélomane technologiquement très au fait.
Que sont devenus tous ces disques durs pleins de musique? Quelle tristesse. Parce qu’évidemment ces mêmes gens sont désormais branchés sur Deezer et ont remplacé l’ampli et la chaîne hi-fi par un système Bose pour iPod, plus design, et moins encombrant.

C’est une culture qui disparaît. La culture du son. La disparition du support fait disparaître le son, l’expérimentation et la diversité. La musique est partout, mais elle n’a plus de réalité physique autre que dans les salles de concerts.

C’est une drôle d’époque, riche en aberrations.

Pam.

Myspace & Antibiotics

Trois jours au lit, avec 40°C de fièvre. Une expérience physique que je n’avais pas faite depuis longtemps.
Bonne excuse que ce virus, qui était certainement un vilain dérivé de la grippe A, pour consommer des antibiotiques puissants. Je les déteste. Mon estomac n’existe plus vraiment depuis le début du traitement, et lorsque je respire à plein poumons, il y a comme un odeur piquante et amère dans mon nez. Ce sont ces satanés antibiotiques.

La maladie a cela de bon que l’on distille le plus clair de son temps au lit. Je m’en serais bien passée, mais ces longues heures de désoeuvrement m’ont permis de geeker (assez faiblement) et d’étudier entre deux dolipranes l’état de myspace en novembre 2009 : une courte étude fiévreuse.

Voyant le compteur de mon player myspace flirter difficilement avec les 20 lectures par jour, je me rappelais avec nostalgie le bon vieux temps où je tournais à plus de 200 ou 300 lectures par jour sans actualité resplendissante, mais juste grâce à la force du réseau.
Je me souviens de 2006 et 2007 où tout le monde s’échangeait une adresse myspace, en toute circonstance; c’était comme une carte de visite. Groupes, débutants, vidéastes, étudiants, labels, assos, managers, filles, garçons…l’adresse myspace était à la fois “the place to be” pour un certain milieu professionnel et un haut lieu de drague plus classe que meetic. Myspace était totalement incontournable.

Aujourd’hui, cela à bien changé. La plateforme est totalement désertée. Certains réseaux d’amis dans la vraie vie qui se sont organisés sur myspace semblent résister et persistent à utiliser la plateforme pour communiquer (dans l’esprit des groupes yahoo), certains réseaux musicaux ne jurent encore que par cette plateforme, mais c’est anecdotique et à circuit fermé. L’entreprise essaie de renouveler son image, tant bien que mal, mais myspace n’est plus sexy, plus vraiment ouvert sur le monde et décline lentement.

Mais où tous ces gens sont-ils passés maintenant qu’ils ne sont plus sur mypace? Sur Facebook ou sur Twitter?

Sur facebook ce ne sont pas les mêmes, l’engouement est différent, un poil blasé.
Fraîchement inscrit, et après avoir mis à jour son statut frénétiquement toutes les minutes pendant une semaine, poké l’intégralité de ses copains, et huggé la terre entière, les utilisateurs sont passés à autre chose. Les plus timides et les plus largués essaient toujours de retrouver un ami d’enfance, les autres font de leur profil facebook un tabloïd vivant, scannent de vieilles photos de leur meilleur copain ivre mort, le tagguent, et ainsi règlent leurs comptes. Bien sûr, il y a aussi ceux qui utilisent le site à des fins pseudo-professionnelles, afin de communiquer des informations à leur réseau, comme une vaste mailing list.

Sur twitter ce ne sont pas les mêmes non plus. Twitter reste un système pour geeks, avec un langage, des codes particuliers. J’aime beaucoup twitter entre autre pour ces raisons, parce que je trouve que ce n’est pas complètement transparent. Plein de gens ne comprennent pas à quoi ça sert. Twitter offre une liberté de communication totale et infinie, demeure un médium assez obscur, je trouve que c’est assez étourdissant.

Mais alors, tous les myspaciens ont-ils vendu leur ordinateur? Se sont-ils exilés dans un pays qui nous est encore inconnu? Sont-il revenus, nostalgiques, à skyblog, afin de parfaire leur sens de l’orthographe sms?
Peut-être ont-ils tout simplement grandi, coupé leur mèche emo, et sans doute n’habitent-ils plus chez leurs parents. Peut-être même travaillent-ils désormais dans une entreprise et portent-ils des costards.
Hélas, il n’y a eu personne pour prendre la relève, et des milliers de profils myspace sont à l’abandon.

J’hésitais donc, en avalant une gorgée de sirop pour la toux, à griller mon compte myspace. Choix difficile.
C’est malgré tout devenu une vitrine pour les artistes; quoique poussiéreuse, elle est encore une sorte de réflexe. Au lieu de donner un cd, d’envoyer un mail, je donne encore l’adresse myspace aux intéressés. On peut écouter 4 titres, vite et bien, et finalement découvrir, quoique brièvement, mon univers. De quoi se faire une idée en somme. Même incomplète.

Alors même si il n’y a plus personne qui fréquente myspace, c’est la page artiste de site communautaire la plus réussie de l’histoire du web. Sur une seule page il y a tout : Image, Vidéo, Son, Blog, Calendrier.
De quoi voir, en un coup d’oeil à peine, où en est l’artiste en question.
Personne n’a fait mieux depuis.

http://www.myspace.com/pamelahute

Pam.